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Cinq questions au romancier Chouaib Halifi, lauréat du Prix du Maroc du livre 2020

Cinq questions au romancier Chouaib Halifi, lauréat du Prix du Maroc du livre 2020

samedi, 9 janvier, 2021 à 12:10

Propos recueillis par Abdellatif EL JAAFARI

 

Casablanca – Le romancier Chouaib Halifi, également critique et universitaire, qui a remporté le Prix de la Narration (Prix du Maroc du livre 2020), décortique, dans un entretien à la MAP, les mondes de l’écriture qui puisent leurs richesses dans la diversité pour cerner des moments de vie qui échappent à l’histoire.

1. Votre carrière en tant que romancier a débuté en 1992 par la publication de “Massae Achaouk” et a été couronnée en 2020 par le Prix de la Narration (Prix du Maroc du livre 2020) pour “La tansaa ma takoul”, quelles constantes et mutations caractérisent ce long parcours ?

L’écrivain appartient à l’environnement où il grandit et évolue et subit de ce fait les mêmes transformations et mutations.

Mes œuvres traduisent fidèlement le monde qui est le mien, limité dans la géographie de la Chaouia, Settat plus particulièrement et précisément la tribu de Mzamza. J’ai découvert que je ne peux écrire en dehors de ce système qui inclut également la ville de Casablanca.

Ce monde m’est largement suffisant pour enrichir et diversifier mon imaginaire et constitue, de même, un refuge et un outil magistral pour faire face à une réalité moche.

Les mutations se focalisent sur le ton et l’esprit agressif, qui représente de son côté l’une des facettes qui se font sentir au niveau des significations, des sens et du langage utilisé.

Le roman n’est nullement un luxe, mais c’est notre refuge qui nous permet de trouver la justice, la démocratie, la beauté et la vengeance.

2. Votre roman “la tansaa ma takoul » reconstitue des moments de vie, quels sont les éléments qui ont défini la construction de ce monde de cette manière?

Ce roman est une invitation à la narration, l’écriture, la protestation et la prise de parole et un appel à l’édification d’un monde nouveau et beau basé sur la critique et l’auto-critique.

L’œuvre est un trait narratif caractérisant l’esprit marocain dans sa spécificité qui en fait un miroir ininterrompu de l’histoire. C’est l’héritage culturel qui lie le marocain à son être, son entourage et ses spécificités.

3. Comment qualifiez-vous l’acte d’écrire?

L’écriture est un beau geste de création intimement lié aux sentiments. Il s’agit d’un art qui permet de faire face aux pannes qui poussent autour de nous et nous tuent.

4. Peut-on parler d’un véritable courant de critique littéraire au Maroc?

Il y a une certaine lenteur à ce niveau. Ce qui existe actuellement n’est autre que description ou complaisance. La critique littéraire en tant que telle est rarissime et elle est liée à la recherche littéraire à l’université.

Nous pratiquons la critique lors de recherches universitaires et nous essayons avec d’autres de s’ouvrir sur les associations culturelles pour la généralisation de la pratique de la critique, outil d’une pratique saine de la création.

5. Comment justifiez vous le sens social dans le traitement des causes nationales ?

Nous sommes nés et vivons dans un pays arabe, musulman, africain, maghrébin et méditerranéen, et nous sommes attirés par un ordre mondial qui nous limite. Nous luttons contre les séquelles du colonialisme et contre les plans tracés pour nous dans le futur, ce qui interpelle les intellectuels pour faire face au désordre et à la destruction qui nous envahissent de tous les côtés.

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