L’artisanat, un miroir ondoyant mais luisant d’espoir aux mains de l’artisan

L’artisanat, un miroir ondoyant mais luisant d’espoir aux mains de l’artisan

mardi, 21 janvier, 2020 à 11:25

Par : Zakaria Belabbes

 

Marrakech – L’artisanat au Maroc présente un levier majeur du développement durable et socioéconomique, s’insérant dans l’économie sociale et solidaire à travers une production à fort contenu culturel et des activités multiséculaires d’artisans épris qui font face à des difficultés mais croient en l’espoir d’un avenir meilleur du métier.

Ces maîtres artisans disposent en leurs mains d’un savoir-faire ancestral, un miroir ondoyant générant une “instabilité” des métiers artisanaux à cause des ”maux” qui existent dans le secteur mais “luisant d’espoir’’ pour ces artisans qui veulent transmettre cet héritage culturel à la nouvelle génération.

En effet, il n’est sans doute injuste de nier que des obstacles persistent, mettant en difficulté l’émergence effective et véritable d’un secteur qui totalise déjà un nombre de 1.130.000 de travailleurs, et dont le nombre de transaction a dépassé 73 milliards de dirhams annuellement, selon des chiffres dévoilés par la ministre du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport aérien et de l’Économie sociale, Nadia Fettah Alaoui lors de la cérémonie d’ouverture de la 6ème édition de la Semaine nationale de l’artisanat (SNA).

Dans un entretien accordé dans le stand de la MAP aménagé pour la SNA, la professeure agrégée des sciences économiques et juridiques, Siham Ikhmim, fait valoir que ce salon amène les individus à découvrir ce “monde intéressant” d’artisanat, guidant les jeunes à percer à jour les compétences ancestrales d’artisans liées intimement à la culture marocaine dans toute sa diversité et son hétérogénéité.

“Ce salon est un carrefour de rencontres entre les consommateurs et producteurs, les investisseurs et entreprises’’, précise-t-elle.

Les individus s’orientent vers la création de la coopérative car c’est une forme de structure souple et flexible basée sur le mutualisme ou la coopération entre leurs membres, explique Mme Ikhmim, notant que celle-ci ne nécessite pas un capital social important en comparaison avec la création d’une entreprise et permet aux individus les plus démunis de monter leurs projets qui attestent la richesse des produits culturels marocains.

Soulignant le rôle déterminant que joue l’artisanat dans l’économie sociale et solidaire, cette universitaire met en exergue la notion de la croissance inclusive comme nouveau objectif à atteindre par le secteur artisanal, en se dirigeant vers un modèle d’inclusion de tous les artisans.

“Étant axé plus sur le volet social, le développement du secteur artisanal peut aider à l’intégration des personnes les plus défavorisés pour leur permettre de disposer d’un revenu stable grâce à la création des coopératives pour subvenir à leurs besoins, surtout ceux physiologiques”, affirme-t-elle.

Dans ce sillage, fait-elle observer, le projet de loi 50-17 serait une valeur ajoutée qui va encadrer efficacement le travail de l’artisan et instaurer une couverture sociale qui serait en faveur du développement du secteur artisanal.

Par ailleurs, le savoir-faire des artisans locaux est un facteur clé qui leur permet de développer et d’innover leurs produits grâce à leur expertise inégalée qui fait la fierté du secteur.

Approchés par la MAP, les artisans de la poterie et des métaux esquissent le problème de commercialisation, de la contrefaçon et d’approvisionnement de la matière première, mettant en péril de manière sérieuse l’avenir de leur métier.

Ainsi, Ahmed El Kaddari, un dinandier de Fès, déplore les faibles gains des ventes et le phénomène récurrent de la contrefaçon, faisant en sorte que les artisans affrontent une concurrence injuste et malsaine, et impactant négativement l’avenir de ce métier.

De son côté, Ahmed Ghalmi, maître-potier de l’atelier “Poterie Al Amal” à Salé, reconnaît que les ateliers de poterie de la région trouvent des difficultés à s’approvisionner de l’argile, une matière première devenue de plus en plus rare et difficile à trouver sur le marché.

Toutefois, il est évident que parmi les objectifs de cette 6è édition, qui se poursuit au 26 janvier dans la ville ocre, est de pallier à ces obstacles persistants, surtout celui de ‘’la commercialisation du produit tout en préservant et améliorant les revenus des artisans’’, un des buts principaux de l’organisation de ce salon.

Il faut également rappeler la nécessité, sur le long terme, de disposer d’une stratégie globale de développement de l’artisanat, comme la prochaine stratégie 2020-2030 qui aspire à révolutionner le secteur de l’artisanat.

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