Féminicides en Afrique du Sud : un cauchemar qui suscite émoi et indignation

Féminicides en Afrique du Sud : un cauchemar qui suscite émoi et indignation

mardi, 23 juin, 2020 à 11:25

-Par : Ilias Khalafi-

Johannesburg – Le récent meurtre violent de Tshegofasto Pule, une jeune sud-africaine de Johannesburg, a fait la Une des médias sud-africains, suscitant une vague d’indignation et d’émoi dans les rangs de l’opinion publique. Cet assassinat fait partie d’une série de féminicides commis dans le pays en seulement quelques semaines.

Depuis l’assouplissement des mesures de confinement en Afrique du Sud à partir du 1er juin, le taux de criminalité est reparti à la hausse dans le pays.

Les chiffres concernant la violence à l’égard des femmes sont des plus alarmants, soulevant un débat vif dans la société sud-africaine sur le cauchemar des féminicides qui hante ce pays d’Afrique australe.

«En Afrique du Sud, nous courons plus de risque d’être violées et tuées que d’être infectées par le Covid-19», a déploré Lucinda Evans, une militante des droits des femmes dans la province du Cap Occidental (Sud), tout en pointant du doigt la passivité du gouvernement et son incapacité à protéger cette catégorie vulnérable de la population.

Des groupes sud-africains de défense des droits des femmes estiment que la hausse inquiétante des meurtres et des violences commis contre les femmes nécessite une action plus ferme de la part des autorités du pays.

Il ne s’agit pas d’un phénomène récent lié au déconfinement décidé par les autorités du pays, mais il s’agit d’une situation constante dont souffrent les femmes en Afrique du Sud, soulignent-ils.

Siyabulela Monakali, porte-parole de l’ONG active dans la promotion des droits des femmes, Ilitha Labantu, s’est alarmée que rien n’est fait pour changer radicalement la situation des violences perpétrées contre les femmes et les enfants.

Elle a souligné qu’«en Afrique du Sud, les lois et les politiques visant à protéger les droits et la dignité des femmes, des enfants et des catégories les plus vulnérables existent, mais elles ne sont pas correctement appliquées sur le terrain».

«La violence faite aux femmes signifie qu’il y a un problème avec les hommes dans notre société», a-t-elle dit, appelant à mettre fin au «patriarcat et à la masculinité toxique».

Les autorités sud-africaines indiquent que ce phénomène prend une ampleur inédite dans le pays. Selon la ministre sud-africaine des Femmes, de la jeunesse et des personnes en situation de handicap, Maite Nkoana-Mashabane, «le pays traverse une crise profonde» face à la hausse inquiétante des cas de féminicides enregistrée dernièrement.

«Nous sommes conscients que ce combat dépasse les capacités du gouvernement», a signalé, pour sa part, le porte-parole du ministère, Mmabatho Ramompi, mettant l’accent sur la nécessité impliquer les populations dans la lutte contre ce fléau.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa a fait de la lutte contre les violences basées sur le genre l’un des axes majeurs de son mandat. Il est allé jusqu’à qualifier ce phénomène de «crise nationale».

En 2019, suite à l’assassinat d’une fille de 19 ans au Cap Occidental, Ramaphosa s’est engagé à mettre en place une stratégie nationale de lutte contre ces violences. Il a, à cet effet, mis en place un fonds de plus de 300 millions de dollars.

Depuis, rien ne semble avoir changé. L’euphorie suscitée par la baisse des meurtres et des viols durant les deux mois du confinement national (avril et mai), a été vite balayée par la flambée récente des violences ciblant les femmes.

Ramaphosa a reconnu que cette vague de meurtres perpétrés contre les femmes en Afrique du Sud, représente une réalité profondément troublante et un affront à la société nouvelle que le pays veut construire.

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