Quand la locomotive européenne s’essouffle

Quand la locomotive européenne s’essouffle

vendredi, 16 août, 2019 à 13:11

Amal Tazi.

Berlin – Quand l’Allemagne s’enfièvre c’est toute l’Europe qui tousse. L’adage est on ne plus d’actualité depuis la publication, au début de la semaine, de statistiques faisant état d’une contraction inquiétante de la croissance de la première économie européenne au 2ème trimestre de l’année en cours. Si ce ralentissement (-0,1%) se confirme le prochain trimestre, le pays entrerait alors dans “une récession technique” (deux trimestres consécutifs de croissance négative). Un tel scénario, évité de justesse l’année dernière, fait trembler aujourd’hui davantage les Européens, qui craignent un effet domino au sein du bloc communautaire où l’Italie risque de nouveau de plonger dans la récession sur fond de l’éclatement de la coalition au pouvoir.

Cette situation serait un signe d’essoufflement de la locomotive européenne, dans un contexte d’incertitudes lié au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit) et à la guerre commerciale entre Washington et Pékin, qui pèsent sur tout le continent. Les économistes restent pessimistes à cet égard, de même que pour les chances de l’Allemagne d’échapper de nouveau à la récession.

Les mesures protectionnistes lancées par les États-Unis, conjuguées au Brexit, ont, en effet, ralenti la demande extérieure allemande de biens d’équipement tels que les automobiles et machines-outils.

D’après les chiffres d’Eurostat, l’Allemagne, jusqu’ici leader en termes de croissance dans la zone euro, a même fait moins bien que l’Italie (0%), ou encore la France (+ 0,2%), l’Espagne (+ 0,5%) et les Pays-Bas (+ 0,5%). Elle rejoint ainsi la Grande-Bretagne, dont l’économie s’est également contractée d’avril à juin (-0,2%).

La réaction des marchés ne s’est pas faite attendre. Dans la foulée de la publication des chiffres de croissance, les Bourses européennes affichaient déjà mercredi une forte baisse, perdant pour certaines jusqu’à plus de 2%. C’est notamment le cas de la Bourse de Francfort où le Dax a lâché 2,19% ou encore de Paris où l’indice CAC 40 a chuté de 2,08%. La situation était loin de s’arranger jeudi, Paris et Francfort restaient, à l’instar d’autres places européennes, dans le rouge, en repli respectivement de 0,27% et de 0,70%.

Alors que le moral des investisseurs est au plus bas depuis 2011 en Allemagne, comme le suggère l’indice Zew du climat économique publié mardi, le gouvernement allemand qui table sur une croissance de 0,5% cette année, tente tant bien que mal de rassurer.

Le ministre fédéral de l’Économie, Peter Altmaier, qui avait pourtant qualifié en avril les prévisions de croissance de “signal d’alarme”, tempère désormais en disant qu’il n’y voyait “aucun signe de grave récession”.

“Ce dont nous avons besoin maintenant, ce ne sont pas des mesures instantanées, mais des politiques de croissance intelligentes garantissant des emplois”, a-t-il dit sur les colonnes du tabloïd allemand Bild, tandis que la chancelière Angela Merkel a reconnu, lors d’un meeting, que l’économie allemande entrait “dans une phase plus difficile”, mais sans juger nécessaire le recours à “un paquet conjoncturel” de soutien à l’économie.

S’agissant de la situation dans la zone euro, des analystes interrogés par Bloomberg début août avaient évalué à 25% la probabilité d’une récession dans les douze prochains mois, au moment où le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, cherchait à rassurer les investisseurs le 25 juillet dernier, à l’issue de la réunion du Conseil des gouverneurs.

“Le risque de récession reste assez faible globalement. Il existe encore des signes de résistance comme l’emploi, le nombre de créations d’entreprises qui est à un pic, le chômage qui recule et la richesse des ménages qui reste forte”, avait-il dit.

Ces messages qui se veulent rassurants ne parviennent pas néanmoins à dissiper les craintes des investisseurs et des économistes de voir l’Allemagne redevenir “l’homme malade de l’Europe”.

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