Une année après son arrivée au pouvoir, le président chilien Sebastián Piñera compte plusieurs réformes engagées et une reprise économique en vue

Une année après son arrivée au pouvoir, le président chilien Sebastián Piñera compte plusieurs réformes engagées et une reprise économique en vue

mardi, 12 mars, 2019 à 14:37

 

Par Brahim Salaheddine AMHIL.

 

Santiago-Ce lundi 11 mars marquait le premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir du nouveau locataire du Palacio de la Moneda, le président Sebastián Piñera, porté à la tête de l’Exécutif chilien par sa coalition majoritaire “Chile Vamos”.

M. Piñera avait été investi le 11 mars 2018 à la tête de la magistrature suprême de son pays pour entamer un deuxième mandat présidentiel de quatre années après celui de 2010-2014.

Dès son arrivée au pouvoir, le leader de la coalition présidentielle de Chile Vamos a placé la question migratoire à la tête de ses priorités.

En effet, le Chili a imposé davantage de restrictions et d’exigences pour l’obtention d’un visa de travail et de résidence dans le pays andin tout en procédant à une régularisation massive des immigrants en situation irrégulière.

De plus, la crise au Venezuela a causé un exode massif des Vénézuéliens qui ont fui le régime de Nicolas Maduro. Ainsi, plus de 280.000 Vénézuéliens se sont établis au Chili, soit 23% des étrangers qui vivent dans le pays andin, avaient indiqué en février dernier, l’Institut national de la statistique (INE) et le Département des étrangers et de l’immigration.

Au Chili, les étrangers représentent 6,6% de la population totale du pays soit près de 1.251.225 de personnes dont 288.233 Vénézuéliens.

Les Vénézuéliens sont la communauté la plus représentée au Chili suivis par les Péruviens, avec 223.923 personnes (17,9%), les Haïtiens (179.338, 14,3%), les Colombiens (146.582, 11,7%), les Boliviens (107.346, 8,6%), les Argentins (74.713, 6%), les Équatoriens (36.994, 3%), les Espagnols (21.147, 1,7%) et les Brésiliens (18.185, 1,5%).

Néanmoins, d’autres réformes se font attendre au Chili dont celles des secteurs de la Santé et des retraites.

De facto, le pourcentage de la pension par rapport au dernier salaire perçu au Chili est l’un des plus bas de la zone de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soit 33,5%, alors que les taux les plus élevés sont ceux des Pays-Bas (96,9%), du Danemark (86,4%), de l’Italie (83,1%) et de l’Autriche (78,4%).

En décembre dernier, le ministre chilien du Travail, Nicolás Monckeberg, avait présenté à l’OCDE les principaux points de la réforme du système de retraite qui vise, selon lui, à introduire “beaucoup de solidarité” au travers une couverture financée par des impôts et non par des cotisations.

Cette réforme vise également à créer des mesures incitant les travailleurs à prolonger leur vie active pour avoir droit à des pensions plus élevées, a souligné le responsable chilien.

Selon les données d’étude de l’OCDE réalisée en 2016, la contribution obligatoire pour les retraites chiliennes est l’une des plus basses des pays membres, à 12,38% du salaire moyen et seuls la Corée du Sud (9%), l’Australie (9,5%) et le Canada (9,9%) enregistrent des taux plus bas que le pays andin.

Dernièrement, des centaines de personnes avaient manifesté contre le système de retraite privé au Chili lors d’une mobilisation lancée par la coordination nationale contre les Administrateurs privés de fonds de pension (AFP, Administrateurs de fonds de pension) un système imposé en 1981 par la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), sous le signe “No+AFP” (Jamais plus d’AFP).

Depuis 2016, cette coordination avait entamé des manifestations à travers le pays contre le système de retraite privé actuel fondé sur la base de la capitalisation individuelle des contributions qui doivent être remises à des entreprises privées. Actuellement au Chili, 90,75% des retraités perçoivent une pension mensuelle inférieure à 233 dollars, soit près de la moitié du salaire minimum établi dans le pays andin.

Pour Roberto Mendez, professeur à l’Université Catholique (UC), la réforme de l’immigration a été bien accueillie au sein de la population chilienne, néanmoins, l’entame à compter de cette année des réformes des systèmes de santé, des retraites et fiscal est “dangereuse”, selon l’académicien.

“Les réformes laissées pour la deuxième année sont assez compliquées car le gouvernement ne dispose pas de la majorité dans les deux chambres du Congrès”, a-t-il souligné dans des déclarations rapportées par la presse locale.

De plus, l’absence d’un contrepoids de taille a impacté cette première année de l’Exécutif. Selon plusieurs observateurs, l’opposition politique est restée embourbée dans des querelles internes depuis le départ de l’ancienne présidente Michelle Bachelet (2014-2018), aujourd’hui à la tête du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme.

Pour le président Sebastián Piñera, même si 2018 a été une “bonne” année, “nous avons encore beaucoup à faire”, ce qui soulève également des défis pour 2019.

Se prononçant, lundi devant la presse, sur sa première année dans le Palais de La Moneda, M. Piñera a estimé que ce que “les Chiliens attendent du gouvernement et de l’opposition, ce n’est pas que nous nous engagions dans une lutte fratricide entre nous, bien au contraire”.

Suite à la présentation, ce lundi à Santiago, de la modernisation du Système national de formation et d’emploi (Sence), le président chilien a rappelé qu'”aujourd’hui notre gouvernement est dans sa première année, et il est bon de faire le bilan, car il reste du temps pour prendre des engagements, mais aussi pour rendre des comptes”.

Dans ce contexte, M. Piñera a rappelé que des progrès avaient été accomplis dans des domaines tels que la migration, l’égalité des droits et des obligations entre hommes et femmes, l’enfance, la lutte contre la criminalité et la reprise économique du Chili.

“Je pense que l’année 2018 a été une bonne année pour le Chili. Le Chili a été relancé. Nous avons plus que doublé le taux de croissance, créant plus de 140.000 nouveaux emplois avec de meilleurs salaires. Nous avons également réussi à récupérer l’investissement et la productivité qui avaient chuté dangereusement sous le gouvernement précédent”, a déclaré le président chilien, citant entre autres les projets de modernisation de la fiscalité, du secteur du travail et les réformes des régimes de retraites.

En outre, M. Piñera a estimé que “maintenant que nous allons faire face à des décisions très importantes, je tiens à réitérer l’engagement de notre gouvernement en matière de dialogue et de collaboration, et je suis sûr que ce que les Chiliens attendent du gouvernement et de l’opposition ne consiste pas à s’engager dans une lutte fratricide, au contraire, ils veulent nous voir collaborer, dialoguer, chercher et parvenir à un accord”.

En l’absence de chiffres officiels, le PIB du Chili aurait augmenté de 4% en 2018, accompagné d’une augmentation des investissements et d’une réduction du déficit budgétaire de 1,7%.

Début janvier dernier, M. Piñera avait affirmé que le Chili dispose d'”une économie saine qui se développe de plus en plus”.

Lors d’une intervention devant les participants au Vème Forum international sur l’investissement au Chili, organisé à Santiago du 15 au 17 janvier dernier, le président chilien avait relevé qu’”avec un équilibre macroéconomique, avec une dette en cours de stabilisation et bien inférieure à celle des pays européens”, le Chili “est dans une position prometteuse pour faire un grand pas en avant vers le développement”.

Le président chilien avait également saisi l’occasion pour rappeler les chiffres positifs de l’année 2018, parmi lesquels il a mentionné la croissance de près de 4% de l’économie et une augmentation d’environ 78% des investissements étrangers.

Et de faire observer que l’année dernière plus de 125.000 nouvelles entreprises ont été créées, soit un record absolu en la matière, avec une création potentielle de plus de 140.000 postes d’emploi.

 

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