Face à la MAP: L’écrivain Kebir Ammi appelle à se départir de l’immobilisme pour refaire du Maghreb une terre de partage

Face à la MAP: L’écrivain Kebir Ammi appelle à se départir de l’immobilisme pour refaire du Maghreb une terre de partage

vendredi, 8 novembre, 2019 à 17:47

Rabat- Le combat face à l’immobilisme de la situation au Maghreb est nécessaire pour refaire de cet espace une terre de partage, a affirmé, vendredi à Rabat, l’écrivain marocain, Kebir Ammi, initiateur d’un appel “pour un Maghreb ouvert et fraternel”.

“Entendre Sa Majesté le Roi Mohammed VI pointer du doigt l’immobilisme de la situation au Maghreb m’a emplie d’espoir et de joie”, a confié M. Ammi dans une interview accordée à l’Agence marocaine de presse dans le cadre de son concept “Face à la MAP”.

C’est un point d’une extrême importance qui “devrait pousser chacun de nous à prendre son bâton de pèlerin pour mener ce combat, en ouvrant en permanence le débat avec les sceptiques afin de les convaincre de la nécessité d’une ouverture du Maghreb”, a indiqué l’essayiste marocain.

La dynamique créée par le Salon maghrébin du livre à Oujda, qui devient un carrefour maghrébin le temps du Salon, témoigne des possibilités offertes par cette ouverture, a fait remarquer M. Ammi, relevant que “cette ville très attachante devrait pouvoir vivre pleinement son destin en tant qu’espace ouvert et non une impasse”.

Dans ce sens, “j’ai lancé, en septembre dernier, un appel pour un Maghreb ouvert et fraternel à travers lequel j’ambitionne de réunir l’ensemble des Maghrébins, de tous horizons, pour contribuer à refaire de cet espace une terre de partage”, a rappelé M. Ammi, natif de Taza.

“Nous devons tous prendre nos responsabilités pour faire du Maghreb un espace ouvert pour la circulation des personnes, des biens et des marchandises”, a-t-il insisté.

L’objectif de cette initiative est de mettre fin à une situation qui a prévalu depuis un quart de siècle, a-t-il noté, soulignant qu'”il est inacceptable de continuer à vivre dans un espace où les peuples s’ignorent, d’autant qu’un jour nous aurons à rendre des comptes aux générations futures qui nous reprocheront, sans doute, d’avoir laissé perdurer une situation pareille”.

“J’ai d’ailleurs été très heureux de prendre connaissance de l’attente qui existait chez les Maghrébins, qu’ils soient au Maghreb ou à l’étranger, pour ce genre d’initiatives”, a relevé l’écrivain, précisant que l’appel a suscité des échos auprès des Maghrébins établis dans les cinq continents, qui ont répondu favorablement à l’initiative sur la plateforme “Change.org” où plus de 1.000 signatures ont été réunies à ce jour.

Dans cette quête, les intellectuels maghrébins ont leur rôle à jouer à travers des créations et des œuvres qui soulèvent toutes les richesses qui existent dans nos différences, tout en mettant continuellement en exergue le fait que le Maghreb est une chance et non une entrave, a-t-il plaidé.

“J’insiste sur nos différences, parce qu’il ne s’agit pas de tracer un espace uniforme, mais bien un lieu qui conserve toutes les spécificités qui feront sa puissance rêvée et future”, a fait observer l’auteur du “Partage du monde”.

Conscient de l’importance et de la nécessité de cette action, l’écrivain et poète tunisien Tahar Bekri, l’écrivain algérien Hocine Tandjaoui et l’universitaire marocaine Sanae Ghouati m’ont immédiatement rejoint dans cet appel, a-t-il fait savoir.

Favoriser cette vision dans les œuvres des intellectuels maghrébins permettra de développer un Maghreb fort pour les Maghrébins, mais également en tant qu’entité face à l’Europe pouvant participer au développement de toute l’Afrique, a dit l’essayiste.

“J’y crois profondément, l’avenir se fera avec le Maghreb et le Maghreb se fera dans l’avenir”, a-t-il assuré.

La jeunesse maghrébine est pénalisée par la situation actuelle dans la région puisqu’elle ne peut y circuler librement, limitant ainsi ses possibilités d’épanouissement, a fait observer M. Ammi.

Le bâtiment, les transports, le tourisme, l’agriculture sont autant de domaines qui, dans un Maghreb ouvert, pourraient contribuer au développement d’opportunités économiques et boosteraient l’attractivité de la région pour les investisseurs, a-t-il estimé.

L’absence d’une action commune et permanente entre les pays maghrébins porte également préjudice à la sécurité de la région. Voilà pourquoi, a-t-il poursuivi, il faut apprendre aux jeunes à se développer tout en étant conscients que les différences peuvent enrichir et compléter chacun d’entre nous et nous permettre d’agir de concert pour le bien-être de tous.

Essayiste, dramaturge et romancier, Kebir Ammi est né à Taza, au Maroc, et vit en France depuis plus de trente ans. Il est l’auteur d’une œuvre ouverte sur l’altérité, la diversité et la beauté du monde. “Ben Aïcha” ou encore “Un génial imposteur” sont entre autres parmi ses romans parus chez Mercure de France et Mémoire d’encrier.

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