Hongrie: Un Premier ministre eurosceptique contre le Brexit

Hongrie: Un Premier ministre eurosceptique contre le Brexit

mercredi, 22 juin, 2016 à 13:25

Budapest – Le premier ministre hongrois, Victor Orban, un conservateur et eurosceptique convaincu, a tenu à exprimer son point de vue sur les colonnes de journaux londoniens, à propos du Brexit, en demandant aux électeurs britanniques de maintenir le Royaume Uni au sein de l’Union Européenne.

Dans une lettre ouverte, Viktor Orban exhorte les électeurs à voter pour le maintien de l’adhésion à l’UE lors du référendum de jeudi. “La décision est la vôtre, mais la Hongrie est très fière d’être un membre de l’UE avec vous”, explique le chef du gouvernement hongrois dans cet encart publicitaire, rapporte l’édition en ligne du journal allemand Bild.

Dimanche, lors d’une conférence de presse à l’agence de presse hongroise MTI, Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement hongrois, qui a confirmé l’initiative médiatique de M. Orban pour le maintien de la Grande Bretagne au sein de l’UE, a rappelé que, malgré les désaccords nombreux entre la Hongrie et ses partenaires quant à l’avenir de l’Union, les succès de l’Europe étaient “importants” dans de nombreux domaines.

De son côté, The Wall Street Journal fait remarquer que la publication de la lettre coïncide avec le 25e anniversaire du départ des dernières troupes russes du sol hongrois : “Monsieur Orban, défenseur des Etats-nations forts, a fait irruption sur la scène politique en 1989 avec un discours exigeant que les soldats russes quittent la Hongrie.

L’intervention de la Hongrie arrive au moment où Budapest s’apprête à organiser cet automne un référendum sur le système européen de quotas obligatoires d’accueil de migrants, auquel le gouvernement d’Orban est opposé, tout comme les autres membres du groupe Visegrad (V4), comprenant outre la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne.

Selon des observateurs hongrois, Budapest estime que sans Londres, le projet de construction d’une Europe puissante et influente s’affaiblirait. La Hongrie serait également privée, en cas de divorce entre Londres et l’UE, de son soutien le plus influent au sein des instances européennes.

Selon Ryan Heath, du site Politico.eu, “Viktor Orban sait qu’il a besoin d’alliés à l’intérieur du système s’il veut le réformer”. Andras Deak, chercheur à l’Académie hongroise des sciences avait déclaré dernièrement que “le Brexit n’est pas un scénario favorable à Viktor Orban. Il perdrait un allié si le Royaume-Uni quittait l’UE”. Avec David Cameron, le premier ministre hongrois, ancien leader étudiant anti-communiste devenu ultra-conservateur, partage une forte tendance à défendre la souveraineté de son pays contre une prétendue mainmise de “Bruxelles”, en matière d’immigration par exemple.

“David Cameron est le seul premier ministre qui soutienne ouvertement Viktor Orban”, explique Peter Kreko, directeur de l’institut Political Capital.

Pour Edit Zgut, du Political Capital, un Brexit aurait forcément des conséquences sur la perception de l’Union européenne en Europe centrale, mais un  “Hunxit” (Sortie de la Hongrie de l’UE) n’est pas à l’ordre du jour.

Alors que la plupart de ses confrères européens boudent le premier ministre hongrois, controversé en raison d’une dérive autoritaire depuis son retour au pouvoir en 2010, ce dernier a reçu la visite de David Cameron, à Budapest, en janvier dernier. Pour autant, les chances sont infimes de voir la Hongrie imiter le Royaume-Uni en cas de Brexit.

Le gouvernement hongrois a annoncé qu’il n’y aurait pas de “Hunxit”, aucun des partis hongrois ne soutenant officiellement la sortie de la Hongrie (ni de la Grande-Bretagne) de l’Union européenne. Bien que Jobbik (ndlr : extrême-droite) réclame depuis longtemps un référendum sur l’UE et que le parti a déjà brûlé le drapeau européen publiquement.

L’euroscepticisme souvent tonitruant de Viktor Orban cache une grande dépendance économique de son pays vis-à-vis de l’UE. La Hongrie doit recevoir 20,5 milliards d’euros pour la période allant de 2014 à 2020.

Le Royaume-Uni est un contributeur important au budget européen, mais surtout, le Royaume-Uni accueille environ 80.000 travailleurs hongrois sur son sol et est un des principaux alliés de la Hongrie au Conseil européen face à la “technocratie bruxelloise”.

Le Ministre hongrois des Finances, Mihaly Varga, a annoncé que le Brexit aurait un impact estimé de 0,3-0,4 pc sur la croissance économique hongroise et pourrait avoir un impact aussi sur le système de cofinancement européen, étant donné que la Grande-Bretagne est un contributeur net au budget de l’Union européenne.

Sans compter que, à rebours du gouvernement, la population hongroise est majoritairement proeuropéenne. D’après une enquête de l’institut d’opinion américain Pew Research Institute, publiée mardi 7 juin, 61 pc des Hongrois jugent l’Europe favorablement.

En cas de Brexit, tout dépendra de la direction que va prendre l’UE. Comme il y a un certain manque d’appétit pour une Europe fédérale – même parmi les pays fondateurs comme la France ou l’Allemagne – les pays du V 4 pourraient avoir la chance de ne pas se retrouver exclus d’une Europe approfondie.

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