Inquiétude et profonde préoccupation de la communauté internationale quant aux conséquences dangereuses de la décision US sur le statut d’Al-Qods

Inquiétude et profonde préoccupation de la communauté internationale quant aux conséquences dangereuses de la décision US sur le statut d’Al-Qods

mercredi, 6 décembre, 2017 à 16:29

Rabat – Alors que le président américain Donald Trump s’apprête, selon des informations récurrentes, à reconnaître la ville d’Al Qods occupée en tant capitale d’Israël, la communauté internationale- pays arabes et occidentaux et organisations internationales- ne cesse d’exprimer son inquiétude et sa préoccupation quant aux répercussions dangereuses que représente une telle mesure pour l’avenir de la paix et de la sécurité dans la région.

A cet égard, SM le Roi Mohammed VI, en tant que Président du Comité Al Qods, a adressé un message au Président Trump dans lequel le Souverain a fait part de “Sa profonde préoccupation personnelle ainsi que la grande inquiétude ressentie par les Etats et les peuples arabes et musulmans suite aux informations récurrentes sur l’intention de l’administration américaine de reconnaître Al Qods comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des Etats Unis”.

“Vous n’êtes pas sans savoir, Excellence, l’extrême importance que revêt la ville d’Al Qods non seulement pour les parties au conflit, mais également pour les fidèles des trois religions célestes. De par ses spécificités religieuses uniques, son identité historique séculaire et sa grande symbolique politique, la ville d’Al Qods doit demeurer une terre de cohabitation et un symbole de coexistence et de tolérance pour tous”, a écrit SM le Roi dans ce message adressé au président américain.

SM le Roi a également fait part dans un autre message adressé au Secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, de Son inquiétude et de Sa préoccupation suite aux informations récurrentes sur l’intention de l’administration US de reconnaître Al Qods comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des Etats unis.

“Toute atteinte au statut juridique et historique reconnu d’Al Qods, risque de renvoyer la question dans l’imbroglio des conflits religieux et confessionnels, et entamer les efforts internationaux visant à créer les conditions propices à la relance des pourparlers de paix. Elle risque également d’attiser la tension, hypothéquer les chances de paix et accentuer la violence et l’extrémisme”, écrit le souverain dans ce message.

D’autre part, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a convoqué, mercredi, la chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à Rabat, Mme Stephanie Miley et les ambassadeurs de Russie, Chine, France et Royaume uni accrédités à Rabat, en tant que pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, en présence de l’ambassadeur de l’Etat de Palestine à Rabat, M. Jamal Choubki.

Lors de cette réunion, M. Bourita a remis officiellement à la chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis le message écrit adressé par SM le Roi au président Donald Trump. Le ministre a appelé les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU à assumer pleinement leur responsabilité pour préserver le statut juridique et politique d’Al Qods et éviter tout ce qui est de nature à attiser les conflits et porter atteinte à la stabilité dans la région, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

A signaler que Donald Trump devrait reconnaître Al Qods comme capitale d’Israël dans une allocution prévue ce mercredi à 18H00 GMT, selon un responsable de l’administration américaine.

Pour sa part, le président turc Recept Tayyip Erdogan a invité les dirigeants des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à tenir, mercredi prochain à Istanbul, un sommet extraordinaire sur Al Qods, a annoncé, mercredi, le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin.

En sa qualité de président en exercice de l’OCI, le Chef de l’Etat turc convoque ce sommet pour permettre aux pays musulmans d’agir de façon unifiée face aux derniers développements, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse. La veille, M. Erdogan a averti le président Trump que “Jérusalem est une ligne rouge pour les Musulmans”.

Le Roi Salmane Ibn Abdelaziz d’Arabie saoudite, a prévenu qu’une telle décision risquait de provoquer “la colère des Musulmans”, tant Jérusalem, qui abrite le troisième lieu saint de l’Islam, est un cri de ralliement puissant pour les Musulmans.

De son coté, le Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, a déclaré que la ville d’Al Qods est une “question de statut définitif” qui doit être réglée par le biais de négociations directes entre Palestiniens et Israéliens.

“Nous avons toujours considéré (Al Qods) comme une question de statut définitif qui doit être réglée à travers la négociation directe entre les deux parties sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité”, a déclaré à la presse Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU.

La chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE) Federica Mogherini a, quant à elle, souligné, mardi, que la question d’Al Qods ”en tant que future capitale des deux États, doit être réglée à travers des négociations”.

“Il faut trouver, par l’entremise des négociations, un moyen de résoudre le statut de Jérusalem en tant que future capitale des deux États, afin que les aspirations des deux parties puissent être satisfaites”, avait affirmé Mme Mogherini, lors d’un point de presse tenu conjointement avec le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson à l’issue d’une réunion à Bruxelles.

“Nous croyons que toute action qui saperait ces efforts doit absolument être évitée”, a-t-elle indiqué.

Réagissant à cette question, le pape François a lui aussi appelé mercredi au respect du statu quo d’Al Qods occupée et à faire preuve de “sagesse et prudence”, adressant ainsi “un appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l’ONU”.

“Je ne peux taire ma profonde inquiétude pour la situation qui s’est créée ces derniers jours autour de Jérusalem”, a déclaré le pape lors de son audience hebdomadaire, ajoutant que “Jérusalem est une ville unique, sacrée pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, qui y vénèrent les lieux saints de leurs religions respectives, et elle a une vocation spéciale pour la paix”.

La Chine et le Royaume-Uni, deux membres permanents du Conseil de sécurité, mais aussi la Syrie, ont joint leur voix au concert de réprobation.

Du côté de Pékin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a déclaré que la Chine s’inquiète “d’une possible escalade des tensions”, soulignant que toutes les parties concernées doivent avoir à l’esprit la paix et la stabilité régionales, être prudentes dans leurs actions et leurs déclarations, éviter de saper les bases d’une résolution de la question palestinienne et de s’abstenir d’engendrer une nouvelle confrontation dans la région.

Une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par l’administration Trump aurait des “conséquences graves”, encouragera la violence et ne servira pas le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, a averti pour sa part la Jordanie.

La Syrie a, quant à elle, “condamné dans les termes les plus forts la volonté du président américain de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem occupée et de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’occupation israélienne”, selon le ministère des Affaires étrangères.

“Cette initiative dangereuse de l’administration américaine montre clairement le mépris des Etats-Unis à l’égard de la loi internationale”, indique la même source.

Même son de cloche au Royaume-Uni, qui estime, par la voix du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, que “Jérusalem devrait, évidemment, faire partie d’une solution définitive (au conflit) entre Israéliens et Palestiniens, une solution négociée”. “Nous-mêmes n’avons pas l’intention de déplacer notre ambassade”, a également tenu à préciser le ministre britannique en déplacement à Bruxelles.

Au Caire, le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, avait affirmé que “rien” ne justifiait une telle décision du président américain. “Cela ne servira pas la paix et la stabilité, au contraire cela nourrira le fanatisme et la violence”, a-t-il prévenu.

De son côté, le représentant de l’Autorité palestinienne en Grande-Bretagne, Manuel Hassanian a mis en garde contre une telle déclaration qui, selon lui, serait “la mort de la solution à deux Etats”, ajoutant que si le président américain “déclare la guerre au Proche-Orient, il déclare la guerre à un milliard et demi de Musulmans et à des centaines de millions de Chrétiens qui n’accepteront pas l’hégémonie israélienne sur les lieux saints”.

L’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a pour sa part déclaré mercredi que le statut futur d’Al Qods occupée devait faire l’objet de négociations.

“L’avenir de Jérusalem est quelque chose qui doit être négocié avec Israël et la Palestine assis côte à côte dans des négociations directes”, a dit M. Mladenov lors d’une conférence à Al Qods.

Pour sa part, le Portugal n’a pas tardé à réagir à ces informations par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva, qui a a déclaré mercredi qu’une éventuelle décision de reconnaître Al Qods occupée comme capitale d’Israël et d’y transférer la représentation diplomatique des Etats-Unis va à l’encontre d’une solution “durable et pacifique au conflit” israélo-palestinien.

 

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