Khnata Bennouna : “J’ai vécu la blessure palestinienne, faite d’encre et de sang”

Khnata Bennouna : “J’ai vécu la blessure palestinienne, faite d’encre et de sang”

lundi, 17 juin, 2013 à 18:39

Rabat – “J’ai vécu toutes les douleurs de la blessure palestinienne, faite d’encre et de sang”. C’est ainsi que Khnata Bennouna, lauréate du Prix Al Qods-2013, décerné par l’Union générale des écrivains et hommes de lettres arabes, a résumé sa relation très spéciale avec la Palestine, à laquelle elle a consacré son premier recueil de nouvelles “Yassqot Assamt” (A bas le silence) qui a traité de la Nakba de 1948, ainsi que son dernier ouvrage “Addakira Al Mostarja’a” (Mémoire retrouvée).

Commentant, dans un entretien à la MAP, cette distinction, celle qui passe pour pionnière de la littérature féminine au Maroc a dit avoir été “envahie de joie” à l’annonce de son nom comme gagnante de ce prestigieux Prix qui “vient couronner aussi bien mon parcours littéraire que militant”.
La romancière de 73 ans, aujourd’hui à la retraite, estime que la décision du jury de lui octroyer le Prix Al Qods 2013 constitue une reconnaissance naturelle de son engagement infaillible, tout au long de sa carrière littéraire, envers la cause palestinienne dont elle a plaidé la justesse dans nombre de ses écrits.
Cette fibre militante, l’auteur de “Annar Wa Al Ikhtiyar” (Feu et choix) affirme l’avoir chopée sous le toit parental. “Ce sont mes parents qui m’ont inculquée, dès ma tendre enfance, cet esprit d’engagement et de dévouement aux causes arabo-musulmanes qui m’a coûté cher à certains moments de ma vie”, confie-t-elle.
S’il y a un moment qui restera à jamais gravé dans la mémoire de Khnata Bennouna, c’est bien celui où elle a été décorée du Wissam de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) sur instructions de feu Yasser Arafat.
“J’avais fait don de mon roman “Annar Wa Al Ikhtiyar” à l’OLP qui l’a mis aux enchères avec d’autres ouvrages promouvant la cause palestinienne. Feu Yasser Arafat m’avait alors envoyé, chez-moi, les poètes palestiniens Khalid Abou Khalid et Ahmed Dahbour qui m’ont remis le Wissam de l’Organisation en reconnaissance de ce geste”.
Pour cette grande dame de la littérature marocaine, la plume et la résistance sont deux forces complémentaires dont la jonction est susceptible de créer un front uni capable de faire triompher les nobles causes arabo-musulmanes.
Concernant, plus particulièrement, le rôle des écrivains arabes dans la défense de la cause palestinienne, Khnata Bennouna, tout en se disant fière de la solidarité manifestée à ce niveau par plusieurs plumes arabes qui ont prouvé qu’elles “ne peuvent être ni vendues ni achetées”, insiste sur l’impératif “d’investir pleinement ce front afin de servir les causes de l’Islam, de la patrie et de la culture”.
Native de Fès en 1940, Khnata Bennouna est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles dont “Yassqot Assamt” (1976), “Annar Wa Al Ikhtiyar” (1971) qui lui a valu le Prix du Maroc du livre, “Assaout Wa Assora” (Voix et image, 1975), “Al Ghad Wa Al Ghadab” (Demain et la colère, 1981) et “Assamt Annatik” (Silence parlant, 1987). Elle a également été la fondatrice et la rédactrice-en-chef de la première revue féminine de l’histoire du Maroc “Achorouk”.
La cérémonie de remise du Prix Al Qods à l’écrivaine marocaine se déroulera lors de la prochaine réunion du bureau permanent de l’Union générale des écrivains et hommes de lettres arabes, prévue fin 2013 au Sultanat d’Oman.

Par Nizar Lafraoui

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