L’apport théorique et politique de Mohammed Arkoun sur l’espace géopolitique méditerranéen mis en avant lors d’un colloque à l’Académie du Royaume du Maroc

L’apport théorique et politique de Mohammed Arkoun sur l’espace géopolitique méditerranéen mis en avant lors d’un colloque à l’Académie du Royaume du Maroc

mercredi, 19 juin, 2019 à 22:30

Rabat – L’apport théorique et politique du penseur maghrébin Mohammed Arkoun au sujet de l’espace géopolitique méditerranéen, notamment les références et prismes en fonction desquels il interprète le cours de l’histoire de la Méditerranée, ont été mis en avant, mercredi à Rabat, lors d’un colloque organisé par l’Académie du Royaume du Maroc.

S’exprimant à l’occasion de la conférence inaugurale du colloque, le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, M. Abdeljalil Lahjomri a indiqué que cette rencontre vise à établir une approche pour mener la réflexion autour de la pensée de l’une des figures emblématiques de la pensée arabo-islamique contemporaine, et ce en se penchant sur un texte comprenant une pensée profonde sur des problématiques relatives à l’espace méditerranéen.

Cette rencontre se base sur un texte inédit de Mohammed Arkoun intitulé “Penser l’espace géopolitique méditerranéen”, que l’Académie a décidé de publier en tant que document interne non mis en vente, a précisé M. Lahjomri, notant que ce texte constitue l’occasion idoine pour faire revivre le mode de pensée de M. Arkoun, tout en interrogeant les ouvertures et les idées de ce grand penseur maghrébin, notamment compte tenu de son approche particulière concernant ce qu’il a appelé “l’espace méditerranéen”.

Pour M. Lahjomri, Mohammed Arkoun était non seulement un chercheur en matière de patrimoine et de philosophie religieuse, mais également un intellectuel qui contribuait aux discussions sur l’ Occident, l’Orient ainsi que les problématiques mondiales, tout en étant préoccupé, dans tous ses écrits, par l’étude des conditions de possibilité d’un remembrement intellectuel, spirituel, éthique et culturel de l’espace méditerranéen par-delà les fractures et les systèmes théologiques d’exclusion réciproque des communautés.

Pour sa part, le penseur et écrivain Olivier Mongin a estimé que cette conférence “inaugure un cycle sur Mohammed Arkoun, un grand penseur qui travaillait sur les textes fondateurs de la Méditerranée, notamment l’ancien et le nouveau testament, le Coran ainsi que la philosophie”, notant que le penseur maghrébin tentait, à travers tous ces textes, de comprendre l’imaginaire méditerranéen.

Présentant une lecture croisée de la pensée de Mohammed Arkoun et celle du philosophe Paul Ricoeur, M. Mongin a précisé que les deux penseurs partagent des convergences ainsi que des divergences qui permettent de saisir autrement la relation avec le futur et le passé, “tout en créant un dialogue inter-méditerranéen entre les idées de ces deux grands penseurs”.

Quant au Chancelier de l’Académie du Royaume du Maroc, M. Mohammed Kettani, il a souligné que Mohammed Arkoun s’est toujours penché sur des problématiques ayant suscité l’intérêt de nombre de penseurs des deux rives, notamment d’Europe, d’Afrique du Nord et du monde arabe, jugeant les avis de M. Arkoun “audacieux” et suscitant la polémique tout en incitant à la critique objective du patrimoine et à revoir l’histoire sous un angle rationnel.

Par ailleurs, M. Kettani a mis l’accent sur l’importance du texte inédit de Mohammed Arkoun, que le penseur avait confié au Secrétaire perpétuel de l’Académie avant son décès, estimant que ledit texte interroge et remet en question l’apport intellectuel relatif à la coopération entre les deux rives et les deux cultures, ainsi que le dialogue entre les deux mondes.

Organisé en collaboration avec l’Institut méditerranéen de recherches avancées (IMéRA), ce colloque étalé sur deux jours est tenu sous le thème “Penser la Méditerranée avec Mohamed Arkoun” et mènera la réflexion en deux séances.

La première séance, animée par Mme Rahma Bourqia, membre de l’Académie du Royaume, verra la participation du philosophe Abdou Filali Ansary, du Directeur du programme de Médiation à l’Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation (IRENE) à l’ESSEC, Josef Maia, du philosophe, éditeur, sociologue des religions Jean-Louis Schlegel et de l’anthropologue et directeur du Centre marocain des sciences sociales à l’Université Hassan II à Casablanca, Hassan Rachik.

Quant à la deuxième séance, elle sera présidée par Mohamed Noureddine Affaya, professeur à l’Université Mohammed V de Rabat, et se fera avec Aziz Esmail de l’Institut des études Ismaéliennes de Londres, Thierry Fabre, directeur du programme Méditerranée de l’IMéRA, fondateur des rencontres d’Averroès à Marseille, Nabil Faziou, professeur de philosophie à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Benmsik à Casablanca et de Leila Tauil, enseignante-chercheure à l’Université de Genève.

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