Le Maroc, seul pays du Maghreb à avoir franchi d’importantes étapes en matière d’ouverture politique et de renforcement des institutions

Le Maroc, seul pays du Maghreb à avoir franchi d’importantes étapes en matière d’ouverture politique et de renforcement des institutions

samedi, 9 mars, 2019 à 14:36

Rabat – Le Maroc est le seul pays du Maghreb à avoir réalisé des progrès importants en matière d’ouverture politique, de consécration de la paix sociale et de renforcement des institutions, a souligné l’académicien et intellectuel marocain Abdelhak Azzouzi.

M. Azzouzi, qui animait une conférence scientifique à l’Académie du Royaume du Maroc à Rabat sur la thématique: “La Constitution et l’exception marocaine: une étude comparative”, a souligné que l’institution monarchique a réussi, durant ces vingt dernières années, à moderniser l’héritage politique exceptionnel de l’histoire contemporaine du Maroc, à l’adapter aux évolutions internes et régionales et à se doter d’un sens proactif en matière de gestion des affaires publiques.

Cet enseignant à l’université Sidi Mohammed Ben Abdellah à Fès a relevé dans ce contexte que plusieurs années sont passées depuis l’approbation par les Marocains lors d’un référendum d’une Constitution moderne négociée et non pas octroyée, soulignant que la commission consultative chargée de la révision de la Loi fondamentale a travaillé dans le cadre de la consultation et la concertation avec l’ensemble des composantes de la scène politique, syndicale et de la société civile.

Passant en revue les facteurs ayant permis à l’expérience marocaine d’avancer sans soubresauts contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres pays, le professeur Azzouzi a évoqué notamment l’ouverture et les particularités de la vie  politique marocaine, précisant que le Maroc n’a jamais interdit le pluralisme politique depuis sa première Constitution en 1962, en ce sens que les différents acteurs de la sphère politique accumulaient une large expérience.

Ce cumul d’expériences a été à l’origine du succès de la charte politique ou “contrat politique marocain” dans le cadre d’un règlement intelligent qui a épargné au pays les conséquences des conflits, de l’incertitude et de l’irresponsabilité, a-t-il dit, notant que la réforme provient de l’intérieur et reflète les équilibres politiques délicats.

Le deuxième de ces facteurs déterminants est lié à la modération des forces politiques qui a permis l’élargissement de la sphère politique, a fait observer l’universitaire, relevant que l’institution monarchique marocaine a été proactive dans sa réaction aux revendications de la société.

Les partis politiques étaient présents et ont exercé le pouvoir, a-t-il indiqué notant que le Maroc n’a jamais accusé un vide partisan ou politique en comparaison avec d’autres pays.

Le troisième facteur, selon lui, se reflète dans l’institution d’Imarate al mouminine (commanderie des croyants) qui fait l’unanimité des Marocains et qui est liée à l’un des traits saillants de la personnalité marocaine marquée par les valeurs de la tolérance et de modération religieuse. Il a indiqué à cet égard que le Maroc se démarque par la Commanderie des croyants et l’unité du rite qui constitue un meilleur outil pour préserver la paix spirituelle.

Le rite malikite au Maroc s’est érigé au fil des temps en culture sociale conférant ainsi une spécificité civilisationnelle à la Oumma marocaine et contribuant en grande partie à façonner la psychologie sociale dans les domaines religieux et social du Marocain, a-t-il expliqué.

M. Azzouzi a fait savoir que les diverses considérations ayant été derrière l’adoption et l’attachement au rite malikite montrent que ce choix a constitué une décision historique et cruciale pour les Marocains.

Les facteurs de stabilité, de développement et de progrès font de l’expérience marocaine une exception dans son environnement régional et arabe, a estimé l’universitaire, soulignant que cette expérience est appelée à se développer davantage pour être à la hauteur de celles des pays occidentaux à travers le renforcement des partis politiques, qui en dépit de leur statut par rapport aux partis arabes, demeurent “moins institutionnalisés” en comparaison avec des exemples comme la France ou la Grande Bretagne.

Aux yeux de M. Azzouzi, la démocratie ne peut progresser sans développer ses partis politiques, dont le rôle consiste à encadrer et à sensibiliser les gens, notant que cet encadrement intervient dans le cadre d’une interaction avec le citoyen pour influencer de manière positive et responsable les mentalités, la culture, la citoyenneté et la responsabilité.

L’universitaire marocain a présenté à cette occasion les principales composantes de la Constitution de 2011, “la plus développée de l’histoire du Maroc”, mettant en avant la question de l’appartenance à une nation aux “multiples affluents”, le Royaume étant un pays musulman, pleinement souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale et à la cohésion et la diversité de son identité nationale.

M. Azzouzi a relevé dans ce contexte, que l’identité marocaine se démarque par la place proéminente qu’occupe la religion musulmane à la lumière de l’adhésion des Marocains aux valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance, de dialogue et de compréhension mutuelle entre toutes les cultures et civilisations humaines.

 

TRA.

 

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