L’influence du parcours migratoire dans l’écriture, thème d’une rencontre à Dar Al Maghrib à Montréal

L’influence du parcours migratoire dans l’écriture, thème d’une rencontre à Dar Al Maghrib à Montréal

samedi, 5 octobre, 2013 à 17:01

Montréal – “L’influence du parcours migratoire dans l’écriture” a été le thème d’une rencontre-débat organisée, vendredi soir, à “Dar Al Maghrib” à Montréal, en présence d’une palette d’intellectuels et d’amoureux de littérature.

Initiée par le Regroupement des auteurs canado-marocains (RACMA), cette rencontre a été également consacrée à la présentation du nouveau livre de l’écrivain marocain, Mostafa Benfarès, intitulé “Altérité, responsabilité et questions identitaires: le cas du Québec”, en présence de MM. Majid Blal, écrivain et co-fondateur du RACMA, et Kamal Benkirane, auteur-éditeur et également co-fondateur du RACMA, de la romancière québécoise, Monique Rouleau-Pariseau, auteur du livre “Les figues de barbarie” où elle relate son séjour de deux années au Maroc, et de Fayrouz Fawzi, Doctorante en sociologie littéraire.

Lors de cette rencontre, les intervenants ont souligné que le parcours migratoire suppose la culture d’un nouveau regard sur le monde, la découverte de soi-même, de l’Autre, de l’Ailleurs, voire-même de l’inconnu, ajoutant que la réussite d’un parcours migratoire est tributaire du respect et de l’acceptation d’autrui au lieu de laisser libre cours à la rancœur, au déni et au confinement.

Ils ont indiqué que vivre dans l’ailleurs à travers l’écriture permet de mieux regarder les différents aspects de l’Autre et de décrire au lecteur passionné cette expérience vécue et de la partager avec lui.

Cet “ailleurs”, précisent-ils, apparaît sous de multiples facettes car il peut référer à d’autres lieux ou espaces, d’autres temps ou époques, d’autres cultures ou mœurs, à d’autres appartenances ou sensibilités, ajoutant que l’ailleurs dans l’écriture représenté un exercice d’interculturalité qui éclaire les différences au lieu de les opposer.

Cette interculturalité en écriture reflète aussi la volonté consciente ou spontanée de se raconter des vécus ou des sentis se rapportant à d’autres lieux ou à d’autres cultures, insistent-ils, relevant que par ses écrits, l’écrivain assume le rôle de médiateur interculturel qui s’active à effacer les frontières et les murs de l’incompréhension entre les sociétés.

Et de préciser que l’écriture de la migration permet de jeter des passerelles avec les sociétés d’accueil pour réussir ce rapprochement avec l’Autre, soutenant que l’influence du parcours migratoire est toujours présente dans l’écriture qui devient une sorte de cure thérapeutique et de nouvelle vision qui vise à promouvoir le vivre-ensemble et à démystifier les préjugés et les fausses perceptions préétablies.

Présentant son nouvel ouvrage, M. Benfarès a estimé que le fait de voyager ou d’immigrer sous d’autres cieux signifie d’emblée l’acceptation de faire un pas vers l’Autre, ajoutant qu’avant ce voyage, l’ailleurs demeure un lieu plein de rêves, de promesses et d’attentes, mais arrivé à destination, a-t-il dit, la réalité change et l’inquiétude s’installe surtout avec les nouveaux défis et contraintes qui s’imposent dans la société d’accueil.

Dans ce cas, l’écrivain migrant devient tiraillé entre deux mondes parallèles mais paradoxaux, a-t-il noté, affirmant que la réussite d’une meilleure intégration dans toute société d’accueil reste tributaire de la résilience de chacun et de sa capacité à s’adapter à sa nouvelle situation, et de la qualité des rapports entretenus avec l’Autre pour éviter de sombrer dans la solitude et le repli sur soi.

M. Benfarès a, par ailleurs, fait savoir que plusieurs aspects de son identité sont reflétés à travers ses écrits qui sont différemment interprétés et appréhendés selon chaque lecteur, ses propres perceptions des choses et sa manière de lire le récit.

Dans son nouveau “Altérité, responsabilité et questions identitaires: le cas du Québec”, paru en juillet dernier aux éditions l’Harmattan (France), M. Benfarès traite des diverses problématiques relatives à l’immigration et à l’interculturel en Amérique du nord en insistant sur le fait que “l’identité, en tant que levier de l’intégration, est l’un des termes les plus sensibles, les plus dérangeants et les plus polémiques inventés par les langues”.

A ce propos, il affirme que l’identité “n’est pas seulement la culture ou la religion mais aussi la mémoire collective d’un peuple. Elle n’est pas non plus une idéologie ou un mythe personnel, mais plutôt une préoccupation existentielle pour toutes les ethnies sur terre, surtout celles partageant le même espace d’immigration, un espace à la fois éclaté multiforme et en profonde mutation”.

“Qui parle d’identité parle aussi d’altérité et de responsabilité envers l’Autre. L’altérité aussi est de nature instable.

Elle change en fonction du contexte culturel et exige le plus souvent des réajustements identitaires, des accommodements raisonnables pour assurer une meilleure intégration”, explique-t-il.

Mostafa Benfarès est docteur en littérature française.

Il est également professeur et consultant en langue et enseignement à la GEOS Language Academy de Montréal, membre du groupe des Chercheurs de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et co-fondateur du RACMA. Il poursuit actuellement ses recherches sur des problèmes qui touchent la culture, l’identité et l’altérité.

Il s’agit de son deuxième ouvrage après “Voix du silence”, un recueil de nouvelles publié à Montréal en 2011.

Le RACMA, créé au cours de l’année 2013, se veut un espace de culture et d’interculturalité aspirant à regrouper les écrivains québécois et/ou canadiens d’origine marocaine avec notamment pour objectifs de promouvoir la littérature en général, et celle reliée à la migration en particulier, de stimuler la vie culturelle de la région et de créer des liens avec d’autres organismes culturels et littéraires, au plan régional, national et international.

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