Non loin de Manhattan, des couleurs et des senteurs rappellent le bled

Non loin de Manhattan, des couleurs et des senteurs rappellent le bled

mardi, 21 juin, 2016 à 11:37

 Par Aziz Rami

 New York- Non loin de Manhattan, à quelques encablures de ce coeur battant de New York, plusieurs échoppes et commerces étalent des menus “spécial Ramadan” avec des couleurs et des senteurs de mets traditionnels et de produits alimentaires et vestimentaires qui s’affichent tel un clin d’oeil de l’outre-Atlantique.

   Sur la célèbre avenue de Steinway dans le quartier Astoria, le commerce de Mohamed T. ne désemplit pas. Ce vendeur originaire de Tanger, qui a passé les 25 dernières années dans le pays de l’Oncle Sam, a décidé de transformer son magasin en une sorte de vitrine offrant toute sorte d’aliments “ramadanesques”.

   Chebbakiya, briouates ou mlawi de multiples formes et tailles, le commerce n’a franchement rien à envier à une échoppe d’une quelconque ancienne médina au Maroc. Et l’ambiance y est aussi, une douce musique andalouse nostalgique dans l’arrière plan se perd dans les commandes multilingues d’une clientèle internationale.

   A l’approche de l’heure de l’Iftar (20h30), l’activité monte d’un cran. Astoria abritant une forte communauté de Marocains, en majorité célibataires, des jeunes convergent de tous bords pour s’approvisionner en ces aliments – sine qua non diront certains – pour recréer une rupture du jeûne dans une atmosphère le plus proche possible de celle du bled.

   Et ce ne sont pas que les Marocains qui raffolent de ces “chhiouate” du mois béni. Yamina, une quinquagénaire mère de famille tunisienne s’approvisionne régulièrement de chez Mohamed depuis qu’elle a déménagé dans cette région en 2011. “À la maison, on a l’impression que la table du ftour est amputée si les briouates aux amendes ne sont pas de la partie”, dit-t-elle, ajoutant qu’elle préfère en acheter en petites quantités “fraîchement cuites”.

   Mais l’équation d’une table de ftour complète ne peut donner de résultat probant sans la fameuse harira. Abdellah, en commerçant rusé qui sait bien flairer le bon filon, l’a bien compris. Il a vite transformé – en fait pour la sixième année de suite – sa camionnette-restaurant en une réelle unité de production de la soupe marocaine.

   Et il ne cache pas son bonheur. “La première année, j’ai galéré et j’étais sur le point de jeter l’éponge, mais j’avais la certitude que ça doit marcher. Tous les indices économico-socio-culturels le prédisaient”, dit-il d’un air entrain. Les yeux dans sa grande marmite dans laquelle il remue continuellement sa potion rougeâtre, il ajoute, triomphal: “J’ai persévéré et ça a payé”.

   Au fil des Ramadans, la camionnette prenait solidement sa place dans le paysage ramadanesque d’Astoria. Aujourd’hui, elle a clairement le vent en poupe. “Des dizaines de familles sont devenues des clients réguliers auxquelles s’ajoutent d’autres personnes et familles chaque année”, lance-t-il fier de son exploit tant culinaire que commercial.

   Ici aussi, tous les clients ne sont pas marocains. Yousri, un Egyptien de 35 ans, dit que depuis qu’un ami l’a “initié” à la harira, “j’en suis devenu un grand fan, et j’en consomme sans modération pendant le Ramadan”.

   De l’autre côté de la rue, Youssef, El Marrakechi de son surnom, étale des dizaines d’étoffes de toutes couleurs et qualités, mais aussi des habits traditionnels, notamment des Jellabas pour hommes et des tuniques longues pour femmes venus directement de la cité ocre.

   “Pendant le Ramadan, les ventes de ces habits traditionnels acquis surtout pour accomplir la prière, montent en flèche”, révèle Youssef, ajoutant que des clients, tous âges et nationalités confondus, raffolent de ces vêtements qu’ils mettent lors des tarawih quotidiennes, “mais aussi pour conférer un air vestimentaire à cette période si spéciale”.

   A quelques minutes du ftour, d’autres musulmans, dont des Marocains, encerclent une demi-douzaine de tables richement garnies dans le Masjid Al Imame d’à côté pour rompre collectivement le jeûne après une journée laborieuse, chaude, humide et longue au cours de laquelle le jeûne a duré quelques 17 heures.

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