Tensions commerciales et croissance en berne agitent les marchés financiers

Tensions commerciales et croissance en berne agitent les marchés financiers

jeudi, 15 août, 2019 à 18:20

Omar ACHY
Washington – Quand les États-Unis et la Chine éternuent, le reste du monde s’enrhument. Les tensions géopolitiques et commerciales entre les deux géants perdurent depuis un an mettant sous pression l’économie mondiale. Aujourd’hui, avec les signes de ralentissement en Allemagne, quatrième puissance économique mondiale, l’onde de choc se répand sur les principales places financières de crainte d’une récession imminente.

La bourse de Wall Street a fortement chuté mercredi sur fond d’inquiétudes d’une récession mondiale suscitée par les mauvais signaux émanant des marchés des obligations ainsi que les faibles données économiques en Allemagne et en Chine, deux économies principalement tournées vers l’export et qui semblent pâtir des tarifs douaniers imposés par l’administration de Donald Trump.

L’indice industriel Dow Jones Industrial Average a accusé sa plus lourde perte de l’année régressant de 3,05% à 25.479,42 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 3,02% à 7.773,94 points et l’indice élargi S&P 500 s’est établi à 2.840,60 points, perdant 2,93%. Le rendement des obligations du Trésor américain à 30 ans est tombé à un niveau record pour atteindre 2,018%, en deçà du précédent creux de 2,094% observé en juillet 2016.

Les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans, quant à eux, sont brièvement passés sous les rendements à deux ans pour la première fois depuis 2007.

Selon les analystes, ce genre d’inversion entre les rendements à court et à long terme est considéré comme le signe d’une probable récession.

Même tendance baissière en Asie avec le Nikkei 225 japonais qui a chuté de 2,0% et les actions australiennes accusant un recul de 1,9%.

Et pour cause, les places financières semblent déchanter après l’optimisme suscité la veille par le report par l’administration américaine de sa décision d’imposer de nouveaux tarifs douaniers sur les marchandises en provenance de Chine.

Le président américain Donald Trump avait indiqué, début août, qu’il ajouterait un droit de douane de 10% sur 300 milliards de dollars supplémentaires de produits fabriqués en Chine à partir du 1er septembre, ce qui aurait pour effet d’imposer une taxe sur tous les produits chinois entrant aux États-Unis.

De nombreuses entreprises craignaient que des taxes douanières plus élevées sur les biens de consommation avant la saison des achats de Noël ne nuisent gravement à l’économie à un moment où certains observateurs mettent en garde contre un risque de récession

Mais outre les tensions commerciales sino-américaines, l’incertitude entourant la politique des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) et les signes de ralentissement de la croissance économique ont suscité d’importantes turbulences sur les marchés boursiers, les obligations et les devises depuis que les principaux indices boursiers ont atteint des sommets en juillet dernier.

Le différend commercial entre les deux premières économies mondiales pousse, d’après les spécialistes, les entreprises du monde entier à différer leurs décisions en matière d’investissement, ce qui entrave l’activité économique et risque d’induire un ralentissement économique.

“Les entreprises attendent de voir comment l’incertitude se résoudra plutôt que d’investir. Le différend sino-américain érode également le système de commerce fondé sur des règles en vigueur depuis des décennies”, explique un analyste cité par Reuters.

Depuis un an, le commerce mondial est sous tension et l’impact est davantage ressenti par les économie tournées vers l’export.

Les exportations représentent près de la moitié de l’activité économique de l’Allemagne où le PIB s’est contracté de 0,1 pc au second trimestre freiné par le commerce extérieur. Elles constituent le cinquième de celle de la Chine où des chiffres attestent que la production industrielle progressait à son rythme le plus lent depuis 17 ans.

Par contre, les exportations ne représentent que 12% du produit intérieur brut des Etats-Unis. Pour la première puissance économique du monde néanmoins, le risque d’une récession serait un coup dur pour Donald Trump qui a fait de la relance économique le principal cheval de bataille de son mandat et un argument de poids pour sa campagne de réélection en 2020.

La guerre commerciale livrée contre la Chine et les actions tous azimuts pour renégocier les accords commerciaux aussi bien avec le Canada et le Mexique qu’avec ses autres alliés en Europe ou avec le Japon, ont été menées par Donald Trump au nom de la volonté de protéger les entreprises et les travailleurs américains.

Depuis le début de sa bataille commerciale avec Pékin, l’économie américaine a certes maintenu un taux de croissance soutenue atteignant un pic de 3,5%.

Au dernier trimestre toutefois, les signes de ralentissement se font sentir avec 2,1% de croissance au dernier trimestre et des estimations plus faibles pour le trimestre en cours.

Les analystes jugent d’ailleurs que c’est cette baisse de régime qui a amené Trump à temporiser sa nouvelle vague de tarifs douaniers contre la Chine en les déférant pour atténuer les conséquences sur les consommateurs américains.

Toutefois, nombre de média US estiment que Donald Trump cherche à détourner l’attention sur l’impact économique des tensions avec la Chine sur les perspectives de l’économie US, en s’en prenant à la politique monétaire du chef de la Réserve fédérale, Jerome Powell.

“La Chine n’est pas notre problème, bien que Hong Kong n’aide pas. Notre problème est avec la Fed. Trop élevé et trop vite”, a déclaré mercredi Trump dans une série de tweets rageurs, en référence aux taux d’intérêt jugés élevés.

La Banque centrale des États-Unis a porté préjudice, selon lui, à l’économie américaine en ne réduisant pas les taux d’intérêt assez rapidement comme l’ont fait d’autres pays.

“Nous devrions facilement récolter de gros bénéfices et gains, mais la Fed nous en empêche. Nous allons gagner!”; a poursuivi le Locataire de la Maison Blanche qui réitère ainsi ses pressions sur l’institution monétaire pour revoir à la baisse ses taux directeurs.

Dans pareille conjoncture marquée par le ralentissement de la croissance économique mondiale, les perspectives de baisse des taux d’intérêt, et la montée des tensions géopolitiques, davantage d’investisseurs institutionnels et privés se replient sur des valeurs refuges. L’or est traditionnellement considéré comme l’un des lieux sûrs pour investir à chaque fois que le gros temps menace.

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