Zhour Laghzaoui, la voix envoûtante qui a bercé les auditeurs marocains durant des décennies

Zhour Laghzaoui, la voix envoûtante qui a bercé les auditeurs marocains durant des décennies

lundi, 11 mars, 2019 à 12:49

Par Jihane Mourchid

Rabat – Qui ne connaît pas Zhour Laghzaoui, la journaliste et animatrice radiophonique qui a bercé les auditeurs marocains durant plusieurs décennies avec sa voix envoûteuse, la pureté et le raffinement de sa langue arabe ?

Native de Tanger, Zhour Laghzaoui a fait ses premiers pas dans le monde de la radio au début des années 70 en participant, à l’âge de 16 ans, à des émissions de la radio régionale de Tanger.

Approchée par la MAP, Mme Laghzaoui a retracé avec nostalgie les débuts de son expérience professionnelle dans les studios de la Radio régionale de Tanger et son évolution, marquée par sa participation à plusieurs émissions pour enfants, notamment “Atfali Assighar” préparée et présentée par Amina Soussi et feu Khalid Michbal.

Lors de cette période, Zhour s’est distinguée dans le théâtre à travers la pièce “Bqit Bouhdi” (Je suis restée seule) du dramaturge et poète marocain feu Abou Bakr Labtouni, avant d’être invitée à intégrer officiellement la prestigieuse Radio régionale de Tanger dont la création remonte à l’ère du protectorat, plus précisément en 1946.

L’animatrice vaut son grand attachement à la presse radiophonique à sa mère, qui était passionnée par les programmes des stations de radio espagnoles de cette époque, ce qui a poussé Zhour, alors jeune fille, à s’intéresser au monde et aux métiers de la radio dans leurs moindres détails.

Mme Laghzaoui a fait ses preuves dans la présentation des bulletins d’information ainsi que dans la préparation et l’animation des émissions radiophoniques. Ses responsabilités familiales et sociales ne l’ont jamais empêchée d’accomplir comme il se doit ses devoirs professionnels. Mariée et mère de deux enfants, Zhour devait, à une certaine période de sa carrière à la Radio de Tanger, débuter son travail de minuit jusqu’à 5 heures du matin avant de reprendre l’après-midi, sans perdre une once de son enthousiasme et de son amour pour sa carrière.

Selon la “dame du micro”, comme on aime l’appeler, tout ce qu’elle a accompli dans sa carrière professionnelle est à mettre au crédit de son partenaire de vie, qui était compréhensif des conditions de son travail et a toujours représenté pour elle un soutien fort et un catalyseur d’énergie qui ne s’est jamais mis au travers de son succès.

Cela dit, le chemin de Zhour Laghzaoui dans la vie n’a pas été parsemé de fleurs. Elle a dû faire face à de nombreux défis et obstacles, en premier lieu son incapacité à poursuivre ses études universitaires, compte tenu des conditions sociales difficiles auxquelles elle avait été confrontée. Privée tôt de son père, enlevé pendant la période coloniale, Zhour fut acculée au travail pour subvenir aux besoins de sa famille.

Au fil des années, Mme Laghzaoui a réalisé des succès remarquables qui se sont étendus à des domaines autres que le journalisme. En 2012, elle a fait son entrée dans le champ politique en devenant membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI) et elle représente actuellement le parti de la colombe au Conseil de la ville de Tanger.

La journaliste chevronnée affirme que l’action politique n’a jamais effleuré son esprit, notant que si elle s’est engagée dans la vie politique et partisane, c’est surtout sous l’insistance de ses amis qui voyaient en elle un esprit de citoyenneté, de dévouement et d’abnégation. Cet engagement est intervenu après sa retraite de la radio qui ne lui laissait nullement le temps de s’adonner à une quelconque activité politique ou syndicale.

En plus de ses casquettes médiatique et politique, Mme Laghzaoui est active dans la vie associative nationale et régionale puisqu’elle est membre de nombreuses associations dont les intérêts et les domaines d’activité couvrent notamment les droits des femmes et de l’enfant, la citoyenneté et l’environnement.

C’est avec enthousiasme que Zhour évoque l’expérience de l’association “La Crèche des enfants abandonnés de Tanger”, dont elle est secrétaire générale. Cette ONG a pu développer son action grâce au soutien de plusieurs partenaires, dont l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, outre les contributions de nombreux donateurs.

Mme Laghzaoui s’est dite très fière de son travail au sein de cette association, qui a placé la prise en charge des nouveau-nés abandonnés au cœur de ses préoccupations, en œuvrant pour préserver leur dignité et leur trouver des familles d’accueil, ajoutant que l’association veille également à protéger les enfants en situation de handicap et à créer et gérer des crèches pour les nouveau-nés et les enfants abandonnés.

À l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme, cette grande journaliste et militante associative a noté les grandes avancées réalisées par les femmes marocaines durant ces dernières années. Elle a cité, à cet égard, la réforme du Code de la famille, ainsi que d’autres acquis juridiques tels que la loi contre la violence à l’égard des femmes et la nouvelle loi sur les travailleurs et travailleuses domestiques, relevant toutefois l’insuffisance de ces réformes et incitant la femme marocaine à redoubler d’efforts pour réaliser plus d’acquis et de victoires.

Tout le monde s’accorde à dire que Zhour Laghzaoui, “la dame du micro” qui a laissé une empreinte indélébile dans chaque activité qu’elle a exercée, représente un modèle pour les femmes marocaines. Par son parcours brillant et ses qualités humaines et professionnelles, cette brave dame a gravé en lettres d’or son nom dans la scène médiatique nationale, dans l’action associative et caritative et dans le champ politique.

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