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Quatre questions à Anas Bennani, directeur de la Coopération au département de l’enseignement supérieur

Quatre questions à Anas Bennani, directeur de la Coopération au département de l’enseignement supérieur

samedi, 16 janvier, 2021 à 14:58

Propos recueillis par: Maha RACHID
Rabat – Dans un entretien accordé à la MAP, le directeur de la coopération et du partenariat au ministère de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique – département de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Anas Bennani, explique les causes de la baisse constatée des inscriptions des étudiants étrangers, notamment subsahariens, dans les universités marocaines ainsi que l’intérêt particulier que revêt la dimension internationale en termes d’expertise, de partage du savoir et d’expérience dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Dans quelle mesure la pandémie de la Covid-19 a-t-elle impacté les inscriptions des étudiants étrangers, notamment subsahariens, dans les universités marocaines lors de cette nouvelle rentrée universitaire 2020-2021?
Avant d’aborder les spécificités de la présente année universitaire 2020-2021, il serait peut-être utile de rappeler que le Maroc est l’une des destinations académiques les plus prisées pour les étudiants issus des pays d’Afrique subsaharienne.

En effet, à l’occasion de chaque rentrée universitaire, nous recevons plus de 6.000 demandes d’inscription, dont plus que 80% émanant de ces pays.

Concernant l’année universitaire 2020-2021, la mobilité estudiantine au niveau mondial a été lourdement impactée par les conséquences de la pandémie de la Covid-19 et notre pays n’en fait pas exception. La fermeture des espaces nationaux des pays et les mesures sanitaires préventives prises pour limiter la propagation du virus ont généralement conduit les étudiants de par le monde, à revoir leurs priorités et à reprogrammer ou à reporter leurs projets d’études à l’étranger.

Au niveau du ministère, nous avons constitué un Comité de veille pour suivre l’évolution de la situation au jour le jour, en concertation avec nos partenaires nationaux et internationaux afin d’élaborer les différents scénarios envisageables.

Selon la situation épidémiologique mondiale enregistrée durant la période entre les mois de mai et septembre 2020, qui est la période de lancement du processus d’admission des étudiants internationaux, une seule issue était envisageable, à savoir la suspension de leurs admissions pour cette année universitaire.

Toutefois, penser à une telle solution facile, qui a d’ailleurs été adoptée dans de nombreux pays, c’est mal connaître le Maroc et son engagement solidaire et infaillible pour la coopération sud-sud notamment.

Fidèle à cet engagement, nous avons décidé d’assurer la continuité des programmes d’accueil au profit des étudiants internationaux en adoptant une approche articulée autour des deux axes suivants :

– L’encouragement des étudiants étrangers lauréats de l’enseignement supérieur marocain et résidant actuellement au Maroc à postuler aux cycles d’études supérieurs à ceux pour lesquels ils étaient initialement proposés par leurs pays d’origine.

– L’admission de nouveaux étudiants étrangers dans des filières d’études accessibles en mode d’enseignement à distance, dans l’attente de l’amélioration de la situation épidémiologique.

Certes, les statistiques enregistrées en termes d’inscription de nouveaux étudiants internationaux sont loin de ce que nous avons l’habitude de réaliser, mais demeurent néanmoins très significatives au vu des circonstances actuelles.
Peut-on aspirer à une relance des inscriptions des étudiants étrangers lors de la rentrée universitaire prochaine ?
Bien évidemment, nous sommes décidés à rattraper le retard enregistré au titre de cette année universitaire, surtout avec les perspectives prometteuses d’une vaccination généralisée et efficace. Mais, cela ne dépend pas uniquement de notre propre volonté, il faut rester prudent vis-à-vis du développement probable de la pandémie et aux approches qui seront adoptées par nos partenaires ainsi que la décision qui sera prise par les premiers concernés par la question de la mobilité, à savoir les étudiants eux-mêmes.
Pourquoi l’université marocaine promeut-elle les inscriptions des étudiants internationaux?
Sur le plan du principe, d’abord, l’Université marocaine est une institution citoyenne fortement mobilisée dans la mise en œuvre des engagements du Royaume envers ses partenaires et dans la concrétisation des orientations stratégiques arrêtées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en matière de renforcement et de diversification des liens d’amitié, de coopération et de solidarité avec les pays frères et amis du Maroc et notamment ceux de l’Afrique subsaharienne.

Sur le plan purement académique, l’Université marocaine est consciente de l’intérêt tout particulier que revêt la dimension internationale en termes d’expertise, de partage du savoir et d’expérience, de ressources en matière de recherche scientifique ainsi que d’attraction de jeunes étudiants internationaux capables d’enrichir les campus universitaires par leur culture et de dynamiser les classes et les amphithéâtres par leur talent.

Il faut savoir que l’étudiant international fait matière à concurrence entre les grandes Universités dans le monde. Un simple regard sur les statistiques de l’UNESCO nous montre que les Universités des pays développés monopolisent la plus grande part des cinq millions d’étudiants en mobilité à travers le monde. Accueillir un étudiant international, c’est une nouvelle culture qui enrichit le campus et une matière grise qui stimule la concurrence et participe à la promotion de l’image et de la notoriété de l’Université marocaine.
Quelles sont les nationalités les plus présentes au sein des Universités marocaines ?
Sur le plan statistique, nous avons inscrit, au titre de l’année universitaire 2019-2020, environ 5.000 étudiants internationaux issus de 76 pays partenaires, dont 86% sont originaires des pays de l’Afrique.

S’agissant des pays qui bénéficient le plus de cette mobilité entrante, on retrouve notamment la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Palestine ou encore, le Yémen.

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