Musée maritime virtuel : immersion dans “l’âge d’or” de la marine marchande au Maroc
Par Aicha Adghoghi et Salma Bouggar.
Casablanca – La marine marchande marocaine a connu son “âge d’or” au cours de la deuxième moitié du 20è siècle, époque marquée par la constitution après l’indépendance du Royaume d’une flotte importante de navires de commerce propriété d’armateurs marocains publics et privés.
D’où l’idée, pour le moins originale, qu’a eu Abdelfattah Bouzoubaa, ancien Capitaine au Long-Cours de la marine marchande et témoin privilégié de cette période florissante, de créer un musée maritime virtuel dédié à la préservation de la mémoire de ce pan de l’histoire récente du Royaume.
“L’objectif du musée est de conserver la mémoire maritime du pays pour les générations futures et potentiellement revitaliser l’industrie (maritime) marocaine”, soutient, dans une interview avec la MAP, M. Bouzoubaa, qui a travaillé notamment au sein de la Compagnie Marocaine de Navigation (COMANAV) et comme conseiller à l’Organisation Maritime Internationale (OMI).
Animé par le souci de préserver les documents et archives datant de cette époque, il a fait don récemment à « Archives du Maroc » de la collection qui lui a servi pour la création du musée virtuel de la marine marchande marocaine (https://museemaritime.ma).
“Ce don a pour objectif de contribuer à enrichir l’Histoire du Maroc. Celle-ci se comprend mieux lorsqu’elle est éclairée par les petites histoires telles que celles que racontent les documents remis à « Archives du Maroc »”, explique M. Bouzoubaa, qui a aussi le grade de Commandant de la marine marchande.
“J’ai pensé que pour conserver le travail réalisé, le meilleur moyen c’est de le confier à cette institution qui a justement pour vocation de conserver les archives publiques et privées”, ajoute-t-il.
Inauguré en 2022, le musée virtuel de la marine marchande est une collection comprenant notamment des brochures d’armateurs marocains, des monographies et des emblèmes de compagnies maritimes, des correspondances, des photographies ainsi que des descriptions techniques de navires marocains, entre autres.
La plupart de ces archives et documents, le Commandant Bouzoubaa les a collectionnés durant sa longue carrière, les rendant aujourd’hui librement accessibles sur le site web du musée virtuel, véritable vitrine sur cette époque florissante de la marine marchande au Maroc.
Fin connaisseur du milieu maritime national et international, M. Bouzoubaa rappelle qu’à son apogée, à la fin des années 1980, la marine marchande marocaine comptait une flotte de commerce d’environ 70 navires de tous types : porte-conteneurs, navires frigorifiques, general cargos, chimiquiers, pétroliers, vraquiers et car-ferries.
Les flottes de navires chimiquiers et frigorifiques marocains occupaient une place importante à l’échelle internationale sur leurs marchés respectifs, tandis que les car-ferries assuraient plus de la moitié du trafic de passagers entre le Maroc et le Sud de l’Europe, témoigne-t-il.
“Tout cela existait à un moment dans le temps, et il fallait en garder le souvenir. C’est ce que j’ai essayé de faire”, relate M. Bouzoubaa, pour qui, il est important de “garder une trace de ce patrimoine pour les générations futures”.
À l’époque de l’âge d’or de la marine marchande marocaine, il y avait une vingtaine de compagnies maritimes, dont deux publiques. “Ces compagnies publiaient des brochures pour présenter leurs services et leurs navires, et par un heureux hasard, je les ai conservées”, se rappelle-t-il.
M. Bouzoubaa a aussi tenu à conserver “les photographies, certaines en noir et blanc, d’autres en couleurs, des navires marocains qui n’existent plus aujourd’hui ou qui ne sont plus sous pavillon marocain”.
“C’est intéressant de voir comment une compagnie maritime naît, se développe et change de main ou disparaît”, dit l’ancien Commandant, qui a sillonné en bateau les quatre coins du globe. Le métier de marin l’a toujours passionné et il le recommande vivement aux jeunes Marocaines et Marocains.
“A mon époque à l’école maritime, il n’y avait pas de filles, c’était un métier de garçons. Aujourd’hui, à l’Institut Supérieur d’Etudes Maritimes (ISEM) de Casablanca, la moitié des étudiants sont des filles, c’est un changement très important qui reflète l’évolution de la société marocaine”.
“Le métier d’officier de la marine marchande est très formateur et nécessite une bonne connaissance de l’anglais car c’est la langue du shipping international”, insiste M. Bouzoubaa.
Quant aux contraintes, l’ancien capitaine de navire ne cache pas les difficultés du métier de marin.
“Lorsqu’on est en mer, on peut rester loin de sa famille pendant des mois. Le métier est dur, certes, mais il est bien rémunéré et permet, une fois l’expérience acquise, de trouver facilement un poste dans des fonctions à terre pour ceux qui le souhaitent”, assure-t-il.
“Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’au niveau international, on considère qu’il y a environ un manque de 30.000 officiers naviguant pour la flotte de commerce mondiale. C’est un métier très mondialisé (…) il y a donc du travail à l’international”, explique-t-il, ajoutant que de nombreux jeunes officiers ont entamé une carrière de navigant dans des compagnies maritimes internationales.
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