L’ouverture du système éducatif national sur les langues étrangères indispensable pour un Maroc compétitif (M. Benmokhtar)

L’ouverture du système éducatif national sur les langues étrangères indispensable pour un Maroc compétitif (M. Benmokhtar)

jeudi, 10 mars, 2016 à 11:39

-Propos recueillis par Amal TAZI et Sanae BENNACERI.

Rabat – L’ouverture du système éducatif national sur les langues étrangères, notamment dans les filières scientifiques, est indispensable pour améliorer la capacité des générations montantes à accéder au marché du travail et renforcer la compétitivité du Maroc dans un monde en mutation rapide, a affirmé mercredi le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Rachid Benmokhtar.
La promotion, aux côtés de l’arabe et de l’amazigh, langues officielles du Royaume, des langues étrangères est de nature à augmenter les chances des élèves à intégrer facilement le marché du travail tout en leur permettant de s’ouvrir sur les sciences, ce qui est nécessaire pour conforter la position stratégique du Royaume engagé dans plusieurs accords avec des pays anglophones ou hispanophones, a-t-il relevé dans un entretien avec la MAP.
Le ministre a assuré en revanche que l’enseignement des langues étrangères n’aura aucun impact négatif s’agissant du positionnement de la langue arabe dont l’enseignement sera renforcé notamment sur le plan qualitatif.
Il faut faire la distinction entre l’arabe, en tant que langue d’apprentissage, et l’enseignement de l’arabe, a insisté M. Benmokhtar, notant que l’arabe restera, en vertu de la vision stratégique de l’éducation et la formation 2015-2030, une langue fondamentale dans le primaire, le collège et le lycée, avec une tendance à renforcer les langues étrangères notamment dans les filières scientifiques et technologiques, et en général toutes les matières adaptées aux besoins du marché du travail.
Pour mener à bien ce processus, le ministre a mis l’accent sur l’importance de la formation des enseignants et l’adaptation des curricula.
Outre l’introduction progressive du français dans l’enseignement de certaines matières du niveau collégial et secondaire, de nouveaux procédés d’apprentissage de cette langue seront adoptés pour améliorer la capacité des élèves de suivre les cours dispensés en français.
De même, l’enseignement de l’anglais qui débutera à partir de la 4ème année du primaire aura une importance particulière dans le système éducatif, a noté le ministre qui se félicite des résultats du programme “Access” pour l’apprentissage de l’anglais au collège, une expérience pilote qui sera élargie à plusieurs établissements de l’enseignement collégial.
Par ailleurs, la promotion de la formation professionnelle figure aussi parmi les projets prioritaires du ministère, conformément aux orientations royales contenues dans le discours du Trône du 30 juillet 2015, a-t-il ajouté.
Convaincu que l’obtention de diplômes n’est pas plus importante que la maîtrise du savoir et des compétences, M. Benmokhtar veut réhabiliter la perception actuelle des parcours professionnels auprès des élèves et des parents qui y voient seulement “une seconde voix, celle de ceux qui n’ont pas réussi”.
Il a relevé à cet égard que les pays qui ont le moins de problèmes d’emploi et de chômage sont ceux où la formation professionnelle est importante, citant les exemples de la Suisse, de l’Allemagne, de la Suède et de l’Autriche qui ont basé leurs systèmes éducatifs sur la formation professionnelle.
“Aujourd’hui, on veut donner à la formation professionnelle la place qu’elle mérite de manière à ouvrir des perspectives diverses à nos enfants, notamment pour une intégration très rapide du marché du travail et répondant aux besoins des entreprises”, a-t-il affirmé.

Dans ce sens, il a mis l’accent sur le rôle de l’orientation dès le primaire et le collège, avec la sensibilisation des élèves à l’importance des métiers et leur découverte, à travers notamment des visites en entreprises.

Ce processus, à mener en partenariat avec les entreprises et les fédérations professionnelles, est déjà en cours dans les collèges (artisanat, mécanique, tourisme) ou encore avec la mise en place de bacs professionnels (aéronautique, automobile, textile).
L’idée est de faire en sorte, selon ministre, que l’élève puisse trouver un travail à l’issue de son parcours de formation ou choisir de poursuivre l’enseignement général. Au total, 17 secteurs économiques sont concernés, dont les énergies renouvelables, d’après le ministre qui voit là un effort de révision globale, “un projet urgent et indispensable”.
Soucieux d’accompagner le projet de régionalisation avancée, M. Benmokhtar a souligné que le ministère de l’Education nationale a réussi son défi d’accélérer son adhésion à ce processus dès le 1-er janvier 2016, avec notamment l’installation des nouveaux directeurs d’académies régionales, dont la désignation s’accommode avec le nouveau découpage territorial.
Il a cité également la tenue la semaine dernière d’une réunion avec les Directeurs des académies régionales de l’éducation et de la formation et les directeurs provinciaux du ministère, sanctionnée par la signature d’une “Charte de responsabilité” fixant l’ensemble des principes déontologiques auxquels ils doivent se conformer lors de l’exercice de leurs fonctions.
“Responsabilité et partenariat” sont les maîtres-mots de cette charte qui tend à accorder plus d’indépendance aux académies régionales et directions provinciales pour la gestion de la chose éducative, a-t-il expliqué.
S’agissant de l’intégration de l’approche genre, M. Benmokhtar a souligné l’importance qu’accorde son département à cette question aussi bien au niveau du contenu des curricula, avec un effort de révision déjà en cours des manuels scolaires, que dans le cadre de la gestion administrative du personnel (budgétisation sensible au genre).
Il déplore en revanche que peu de femmes accèdent aux postes de responsabilité, une présence qui est loin de refléter, à ses yeux, leur contribution réelle au système éducatif. Malgré les efforts pour encourager les femmes à postuler pour des postes de directeurs aux niveaux régional ou central, le nombre des candidates reste faible, a constaté le ministre qui attribue ce désintérêt notamment à des obstacles sociaux qui font que les responsabilités de la femme en tant que mère et épouse l’emporteraient.
“Nous avons la possibilité de changer notre système éducatif et d’apporter aux futures générations un avenir meilleur. Il y va de l’avenir du pays”, a conclu le ministre, déterminé à aller de l’avant dans ce projet conformément à l’esprit de la Constitution et aux hautes orientations de SM le Roi.

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