La mise en œuvre des lois votées et la réussite de la politique d’intégration, deux grands défis pour éliminer la discrimination raciale

La mise en œuvre des lois votées et la réussite de la politique d’intégration, deux grands défis pour éliminer la discrimination raciale

mercredi, 21 mars, 2018 à 12:10

 

.-Propos recueillis par: Soukaïna BENMAHMOUD-.

 

Rabat –  Il y a au moins deux grands défis à relever pour éliminer la discrimination raciale, à savoir “la mise en œuvre des lois votées et la réussite de la politique d’intégration”, a estimé le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Driss El Yazami.

“Les personnes qui ont sollicité la régularisation lors de la première opération étaient de 112 nationalités. Il semble qu’il y ait 116 nationalités pour cette deuxième opération, c’est dire si le Maroc, qui s’est toujours perçu comme une terre d’émigration et de transit est en train de devenir, doucement mais de manière définitive, une terre d’immigration”, a précisé M. El Yazami dans une déclaration à la MAP, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.

La signature et la ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales ont constitué un premier pas pour le Maroc, a relevé le président du CNDH, estimant que la constitution de 2011 est un tournant essentiel parce qu’elle affirme dans son préambule le refus de toute discrimination, “à l’encontre de quiconque” (national ou étranger), “en raison du sexe, de la couleur, des croyances, de la culture, de l’origine sociale ou régionale, de la langue, de l’handicap ou de quelque circonstance personnelle que ce soit”.

Plusieurs articles de la constitution ont affirmé l’égalité des droits entre Marocains et étrangers, dont le droit de participation aux élections locales, a-t-il poursuivi, notant que le lancement de la nouvelle politique migratoire et l’adoption de la loi sur la lutte contre la traite des êtres humains ainsi que la loi sur l’Autorité pour la parité et la lutte contre les discriminations constituent de nouvelles avancées pour le Royaume.

Concernant les actions menées par le CNDH à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, M. El Yazami a expliqué que “la contribution à la lutte contre toutes les discriminations en général et contre les discriminations raciales en particulier constitue un axe fort et permanent de l’action du CNDH, au-delà de cette seule journée, en témoigne le concours du Conseil à la mise en œuvre de la nouvelle politique migratoire lancée par SM le Roi Mohammed VI en septembre 2013”.

“Nous réunissons d’ailleurs la semaine prochaine la Commission nationale de recours, que le CNDH a l’honneur de présider, pour statuer sur les demandes de régularisation qui ont reçu une réponse défavorable dans le cadre de la deuxième opération exceptionnelle de régularisation qui s’est achevée le 31 décembre dernier” a-t-il poursuivi, relevant que le 29 mars, le CNDH organise un atelier de réflexion sur le logement des migrants, après les séminaires organisés précédemment sur la scolarisation des enfants de migrants ou encore sur le thème de l’état civil.

Pour le président du CNDH, la journée du 21 mars, qui intervient dans un contexte global où de très nombreuses sociétés ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à rejeter l’autre, est une occasion de rappeler que la dignité est inhérente à tous les membres de la famille humaine et que le principe de non-discrimination est le socle du Droit international des droits de l’Homme et constitue le fondement de garantie des droits de toutes et de tous.

“Nous devons apprendre à vivre dans une société de plus en plus plurielle et nous demandons avec raison que nos compatriotes à l’étranger ne soient pas victimes de discriminations”, a insisté M. El Yazami, faisant observer que “nous sommes à notre tour face au défi de faire vivre cet idéal chez nous”.

“La confrontation à la diversité et à l’altérité est probablement une des questions centrales du XXIème siècle et la journée du 21 mars nous rappelle que la société marocaine ne va pas échapper à cette exigence : parler pour tous et permettre à chacun de se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés sans aucune distinction”, a conclu le président du CNDH.

 

 

 

 

 

 

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