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Brexit et Covid 19 : le Royaume Uni tiraillé entre deux situations inextricables

Brexit et Covid 19 : le Royaume Uni tiraillé entre deux situations inextricables

lundi, 21 septembre, 2020 à 12:18

-Par : Nabila Zourara-

Londres – Après s’être réjouis de conclure en début de l’année un accord sur le Brexit mettant fin à plus de trois années d’incertitude, les Britanniques n’ont pas eu le temps de savourer cette victoire en raison des rebondissements qu’a connus ce dossier épineux et de la résurgence explosive des cas de la Covid-19.

Alors que le pays déplore ses 50.000 décès dus au virus depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement britannique a reconnu vendredi qu’il n’exclut pas un deuxième confinement pour toute l’Angleterre après l’annonce du premier ministre Boris Johnson du début “d’une deuxième vague de coronavirus”.

Cette déclaration tombe comme un couperet sur les entreprises britanniques lourdement affectées par les retombées de la pandémie au moment où le fossé grandit entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne sur leur relation post-Brexit.

En plein marasme causé par la pandémie, les investisseurs avaient tendance à considérer le Brexit comme une question secondaire, mais après la publication par Londres d’un projet de loi lui permettant de revenir unilatéralement sur certaines dispositions de l’accord sur le Brexit, ce dossier est revenu de nouveau sous les feux de la rampe.

Ce projet de loi qui a obtenu l’approbation initiale de la Chambre des communes avec 340 voix, donne au Royaume -Uni le pouvoir de prendre ” unilatéralement” des décisions commerciales en Irlande du Nord sans recourir à l’Union européenne, comme stipulé dans l’accord encadrant le Brexit, conclu en janvier dernier entre Londres et Bruxelles.

Le texte, qui viole le droit international de l’aveu même du gouvernement britannique vise à protéger selon Londres “l’unité du Royaume-Uni” en préservant les échanges commerciaux au sein de cette province britannique.

Agacés par la publication de ce texte, les Européens ont menacé de lancer une action en justice, dénonçant un coup à la “confiance” mutuelle à un moment où Londres et Bruxelles n’ont que quelques semaines pour parvenir à un accord de libre-échange avant la fin de la période de transition censée s’achever le 31 décembre.

Le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic, venu à Londres pour une réunion d’urgence du comité mixte chargé de superviser l’application de l’accord de divorce, a ainsi exhorté le gouvernement à revenir sur cette décision, donnant à Londres “jusqu’à la fin du mois” pour abandonner les dispositions litigieuses, un ultimatum rejeté immédiatement par les Britanniques.

Le revirement de Londres a été également critiqué au sein d’une bonne partie de la classe politique britannique.

L’ancien attorney general Geoffrey Cox, a jugé “impensable” que le gouvernement se soustrait à ses obligations internationales.

Avant qu’il ne soit adopté, le texte doit être approuvé également par la Chambre des Lords, qui affiche déjà son désaccord avec “cette violation” assumée du droit international et dit craindre un coup porté à la crédibilité du Royaume-Uni sur la scène internationale.

S’il est adopté, ce texte va certainement compliquer les négociations entre les deux parties qui sont déjà dans l’impasse. Ce qui laisse présager un Brexit sans accord avec des conséquences désastreuses sur les entreprises britanniques et la livre sterling.

En effet, les analystes économiques prévoient un ralentissement de l’activité économique au quatrième trimestre, sur fond de contraction des investissements des entreprises et de recul de la demande atone, estimant toutefois que des poussées de volatilité avec une correction des actifs britanniques sont toujours possibles à l’approche de la date butoir du 15 octobre fixée par le Premier ministre britannique Boris Johnson pour parvenir à un accord.

Le risque d’une longue récession devraient ainsi s’accentuer avec la recrudescence de la pandémie de coronavirus. En effet, étant le pays le plus endeuillé d’Europe, le Royaume Uni avait plongé dans la récession la plus sévère du continent au cours du deuxième trimestre.

Pire que la France et de l’Espagne qui ont enregistré respectivement une chute de 13,8% et de 18,5% du PIB au cours du deuxième trimestre, la richesse produite au Royaume Uni a été amputée de 20,4 au trimestre se terminant en mai.

Il s’agit en effet du pire résultat jamais enregistré par l’Office britannique des statistiques nationales (ONS) depuis 1955, date du début de ses séries trimestrielles.

Cet effondrement de l’économie britannique est bien sûr une conséquence directe de la pandémie de la Covid-19 et du confinement. Cette mesure, qui a mis à l’arrêt la majorité des commerces et l’industrie, n’a débuté que le 24 mars au Royaume Uni, soit la dernière semaine du premier semestre, après une période où le premier ministre Boris Johnson avait minimisé la portée de la crise sanitaire.

Le risque de cette paralysie demeure très élevé avec l’arrivée de la deuxième vague. En effet, les derniers chiffres publiés par l’ONS font état de 3.200 nouveaux cas par jour en Angleterre au cours de la première semaine de septembre, contre 2.000 la semaine précédente.

Pour faire face à la crise, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé un resserrement des mesures, avec notamment l’interdiction des rassemblements de plus de six personnes et un couvre-feu de 22H00 à 5H00 dans les lieux de divertissement, avec des restrictions plus drastiques dans certaines localités du nord-ouest de l’Angleterre, qui enregistrent une augmentation des cas.

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