“Free SHS” ou quand le rêve de regagner les bancs de l’école se concrétise pour l’enfant ghanéen

“Free SHS” ou quand le rêve de regagner les bancs de l’école se concrétise pour l’enfant ghanéen

mardi, 16 janvier, 2018 à 11:09

Par Malika Mojahid, correspondante à Accra

 

Accra – Si se rendre à l’école demeure, sans conteste, un droit universel des plus fondamentaux, pour Kofi, enfant ghanéen de 12 ans, il s’agit d’un rêve qui se concrétise enfin cette année avec son retour sur les bancs de l’école, grâce au programme gouvernemental de gratuité des études secondaires (Free SHS).

Contraint d’abandonner ses cours à cause des frais exorbitants de scolarisation, Kofi retrouve avec une immense joie la voie de l’école, espace qu’il avait quitté avec amertume et où il a renoué, à son grand bonheur, avec ses amis et ses professeurs d’antan.

Grâce au programme Free SHS, lancé à la rentrée scolaire 2017-2018, une éducation de qualité, des manuels et des fournitures scolaires, ainsi qu’un repas de cantine, sont offerts gracieusement à Kofi, à l’instar de nombreux autres enfants ghanéens.

Free SHS, une initiative du gouvernement du Ghana, vise à lutter contre l’échec scolaire dans un pays où pratiquement 63% des élèves abandonnent l’école avant même de boucler le cycle primaire.

En mettant sur pied ce programme visant à prime abord à alléger le fardeau pour les parents et tuteurs issus de familles modestes, Accra ambitionne de juguler, voire extirper à long-terme, le fléau du décrochage scolaire, rendre l’enseignement accessible à tous les enfants ghanéens et leur offrir une éducation gratuite et de qualité.

Dans le but de traduire dans les faits cet objectif, le gouvernement a affecté 490 millions de dollars au programme SHS, financés en partie par les recettes pétrolières du pays.

“Nous avons décidé d’avoir recours aux recettes provenant de nos ressources naturelles, dans l’objectif d’offrir une éducation de qualité à nos enfants censés prendre la relève demain”, a souligné le président ghanéen, Nana Akufo Addo, lors du lancement officiel de ce programme à Adentan, affirmant que d’ici 2030, tous les garçons et filles auront droit à une éducation primaire et secondaire gratuite, équitable et de qualité.

Jusqu’à présent, le gouvernement a débloqué 20% des fonds nécessaires pour réussir le lancement de ce programme durant l’année scolaire 2017/2018, première saison concernée par cette initiative.

Ainsi, environ 424.000 étudiants, représentant 94% des candidats de BECE (Basic education certificate examination) qualifiés pour Free SHS, ont été placés dans divers établissements du deuxième cycle.

Conséquence de cette importante initiative : le taux de scolarisation a enregistré une hausse de 74% lors de l’actuelle année scolaire 2017/2018, comparativement à l’année scolaire écoulée, selon le ministère ghanéen de l’Education.

En plus de la scolarité gratuite, le programme Free SHS se charge des frais inhérents à l’admission, à la bibliothèque, au centre scientifique, au laboratoire informatique, entre autres, sans compter ceux consacrés aux manuels scolaires aux repas quotidiens de cantine.

Selon le chef de l’Etat ghanéen, l’investissement dans l’éducation demeure la clé de voute qui permettra de booster la croissance économique du pays.

“Le coût de l’enseignement secondaire gratuit sera moins élevé que celui de l’alternative d’une main-d’œuvre non-qualifiée susceptible d’impacter et d’amenuiser le développement”, a-t-il souligné récemment, invitant toutes les parties concernées à contribuer à la réussite de cet important programme.

En dépit de l’intérêt accordé à la réussite du programme, Free SHS fait face à plusieurs difficultés, liées essentiellement au financement.

Ainsi, la présidente de la Confédération des directeurs des écoles secondaires (CHASS), Cecilia Kwakye Cofie, a lancé un appel pressent au gouvernement afin de débloquer, en toute urgence, les subventions accordées aux écoles dans le cadre de ce programme.

Elle a, dans ce sens, rappelé que le gouvernement cumule d’ores et déjà des arriérés de trois trimestres qu’il doit débloquer “immédiatement”.

Pour l’opposition, le gouvernement n’a pas les moyens nécessaires pour financer ce programme, qu’elle qualifie néanmoins d'”ambitieux”.

“Le programme Free SHS s’effondrerait dans cinq ans si rien n’est fait au sujet de son financement”, a estimé un député du parti de l’opposition “Congrès démocratique national” (NDC), notant que le gouvernement compte utiliser les recettes pétrolières, mais elles ne sont pas suffisantes, surtout qu’il faut passer par l’Assemblée nationale afin de réviser les réglementations en vigueur.

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