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L’usage efficient des fertilisants susceptible d’augmenter de 50 pc la production agricole en Afrique du Nord (Expert)

L’usage efficient des fertilisants susceptible d’augmenter de 50 pc la production agricole en Afrique du Nord (Expert)

jeudi, 12 septembre, 2013 à 11:57

Par Driss Hidass

Marrakech- L’usage efficient et équilibré des éléments nutritifs des plantes (fertilisants ou engrais) dans l’agriculture est en mesure d’augmenter de 50 pc les récoltes dans les pays d’Afrique du nord, a affirmé, mercredi à Marrakech, M. Mohamed El Gharous, consultant auprès de l’Institut International de la nutrition des plantes (IPNI).

Dans un entretien accordé à la MAP en marge des travaux d’un atelier international sur le thème “Opportunités et défis de la fertilisation en Afrique du Nord”, M. El Gharous, également directeur de l’INRA-Settat, souligne que la généralisation et la vulgarisation des meilleurs pratiques de la fertilisation des cultures revêt une importance de premier ordre pour atteindre la sécurité alimentaire, un objectif stratégique pour les pays d’Afrique du nord.

“Au Maroc, comme c’est le cas pour l’ensemble des pays de la région, l’usage des fertilisants ne dépasse guère la moitié des besoins réels des cultures en plus du fait que cet usage concerne à 50 pc les maraichages qui ne représentent pas de grandes superficies comparativement à celles dédiés aux céréales”, relève-t-il.

En zones arides et semi-arides au Maroc, l’usage des fertilisants se traduit par une hausse de production de l’ordre de 10 quintaux à l’hectare. “Dans ces zones, on est à une moyenne à 15 qt/ha, alors que le potentiel de production avec l’usage des engrais s’élève à 25 qt/ha, et l’on peut même atteindre les 30 qt/ha”, explique-t-il.

Au Maroc, comme c’est le cas des autres pays de la région, il reste beaucoup à faire pour la généralisation de l’usage des fertilisants et promouvoir les techniques efficientes de l’apport des éléments nutritifs des plantes, déplore-t-il. Il existe certes d’autres facteurs déterminants pour le rendement, tels l’usage des variétés de semences adaptées, l’eau, les techniques culturales, mais l’usage des engrais s’impose comme condition nécessaire pour atteindre le meilleur potentiel de production des terres agricoles, précise-t-il.

Outre le rendement, l’usage des éléments nutritifs des plantes engage aussi une question de première importance qui relève de la santé humaine. Un produit agricole qui a bénéficié d’un usage équilibré des engrais représente un meilleur apport nutritif pour le consommateur et s’avère bénéfique pour la santé, affirme M. El Gharous.

Le projet de l’Institut International de la nutrition des plantes pour la promotion de l’usage des fertilisants revêt aussi une dimension sociale. “Les programmes et actions de l’Institut visent en premier lieu les petits agriculteurs et les petites exploitations. Aider ces agriculteurs à améliorer leurs récoltes revient à améliorer leurs revenus, promouvoir leur situation sociale et lutter ainsi contre la pauvreté”, explique-t-il à ce sujet.

L’expert ne manque pas de saluer les efforts du ministère de l’Agriculture pour la promotion de l’usage des fertilisants. Et de rappeler, à cet égard, l’initiative de mettre sur pied l’Office national du conseil agricole (ONCA) qui a pour mission de mener une action de proximité auprès des agriculteurs, en plus des efforts pour assurer la disponibilité des engrais adaptés au moment opportun.

L’action de l’antenne Afrique du Nord de l’IPNI vise aussi à assurer un travail de coordination et de collaboration avec différents intervenants dans le domaine agricole. “Nous avons avec nous dans cette rencontre différents opérateurs dans le secteur des engrais. C’est le cas des distributeurs des engrais qui bénéficient de conseils techniques sur le conditionnement des produits, le stockage et la distribution”, a-t-il précisé.

L’Institut international de la nutrition des plantes est une organisation non gouvernementale basée aux Etats Unis. Après la création d’une antenne au Kenya, l’Office Chérifien des phosphates (OCP) et l’Institut national de la recherche agronomique ont sollicité l’ouverture d’un bureau régional de l’IPNI au Maroc qui a été installé récemment à Settat.

La rencontre de Marrakech, l’une des premières manifestations tenues par l’IPNI Afrique du Nord, connait la participation de scientifiques et experts de différents pays de la région (Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie et Maroc), en plus de participants venus d’Egypte et du Sénégal.

Selon les organisateurs, l’IPNI Afrique du Nord compte initier de multiples actions pour la promotion de l’usage des fertilisants. M. El Gharous annonce, à ce sujet, que l’IPNI compte, dès l’année prochaine, mettre un réseau Afrique du Nord pour la promotion de l’usage des fertilisants. Une structure pour coordonner les efforts des experts des pays membres, échanger les expériences et les expertises et échafauder un programme d’action commun pour l’Afrique du Nord.

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