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Chili: élan de mobilisation face à la dégradation des monuments historiques dans le sillage des manifestations

Chili: élan de mobilisation face à la dégradation des monuments historiques dans le sillage des manifestations

jeudi, 20 février, 2020 à 13:36

Par -Brahim Salaheddine AMHIL-

Santiago – Divers édifices et monuments historiques et patrimoniaux au Chili ont subi des actes de dégradation depuis le début de la flambée sociale le 18 octobre dernier.

Des inscriptions, des graffitis et même des peintures aux couleurs des protestations ont altéré plus de 800 édifices patrimoniaux, selon le Conseil des monuments nationaux, qui relève du ministère des Cultures, des Arts et du Patrimoine.

Afin de sensibiliser habitants et visiteurs de la capitale chilienne, le Conseil a lancé des visites guidées aux “monuments dégradés” afin de sensibiliser le public à l’importance de la préservation de ces hauts lieux historiques et à leur symbolique.

Pour Luis Montes Rojas, universitaire à la Faculté des arts de l’Université du Chili, “les monuments sont des constructions qui ont un sens fondamentalement lié à l’histoire et à la reconnaissance de certains personnages”.

Ces visites dites “citoyennes” et “patrimoniales”, visent à encourager “un comportement pour une société qui s’identifie dans ses monuments”, a souligné l’universitaire dans des déclarations aux médias.

Le centre de la capitale Santiago a été l’une des zones les plus touchées par les dégradations des monuments historiques.

Selon les dernières données fournies par le ministère chilien des Cultures, 319 monuments publics (statues, plaques ou bustes commémoratifs se trouvant dans l’espace public) et 443 monuments nationaux, y compris des monuments historiques et des zones typiques, ont été endommagés dans le sillage des protestations sociales.

Selon Montes, il s’agit d'”une reconnaissance très impressionnante du monument comme plateforme de démonstration”. Pour lui, “il était tout à fait prévisible que les monuments aient également servi de théâtre aux manifestations”.

Plusieurs œuvres ont quasiment disparu sous des rayures, des éléments peints à la bombe ou des collages alors même que certains ont été déformés et fissurés.

Selon le Conseil des monuments nationaux, 24 œuvres ont été perdues et remplacées. Dans la ville de La Serena, à environ 450 kilomètres au nord de la capitale, les manifestants ont enlevé un monument représentant le conquérant espagnol Francisco de Aguirre et installé à sa place une sculpture Milanka, en hommage à la femme indigène.

“En tant qu’institution, nous regrettons les dommages causés au patrimoine et aux monuments. Ce sont des biens publics et communs qui font partie d’un héritage, d’une histoire et d’une mémoire collective qui s’estompent ou se perdent”, a indiqué Consuelo Valdés, la ministre de la Culture.

Cette affaire a déclenché un profond débat au sein de la société chilienne. Pour le Collège des architectes, il est temps d'”arrêter la destruction de l’espace urbain de tout un chacun”.

A Plaza Italia, repabtisée Plaza Dignidad par les manifestants, des individus encagoulés avaient tenté le 31 décembre dernier de démolir le monument du général Manuel Baquedano dans une scène retransmise et observée en direct par des milliers d’utilisateurs les réseaux sociaux et les chaînes de télévisions.

De même, plusieurs hauts lieux de la culture chilienne ont été ravagés par les flammes dans le sillage des manifestations.

En novembre dernier, le siège historique abritant le Rectorat de l’Université Pedro de Valdivia avait été incendié au centre de la capitale, à quelques dizaines de mètres d’une grande manifestation à Plaza Italia. Les flammes se sont propagées rapidement dans le troisième étage de ce bâtiment centenaire.

Selon des témoignages rapportés par les médias, ce bâtiment datant de 1915 a été attaqué par des individus qui l’ont saccagé avant de l’incendier.

En novembre dernier, l’Église de Veracruz, située dans le quartier de Lastarria en plein centre de Santiago, a pris feu. Selon plusieurs témoignages, des manifestants cagoulés auraient aspergé la devanture de ce lieu vieux de 200 ans, d’un liquide accélérateur avant d’incendier ce bâtiment déclaré monument historique en 1983.

En somme, la grande majorité des monuments affectés est concentrée dans la région métropolitaine de Santiago, suivie de Tarapacá et d’Antofagasta.

Les monuments historiques présentent, dans leur majorité, des dommages mineurs, tels que des rayures ou du verre brisé, bien qu’il existe également des lieux affectés par des incendies ou des risques d’incendie.

La région métropolitaine concentre le plus grand nombre de monuments avec des rayures, suivie de Valparaíso, Antofagasta et de Coquimbo.

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