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Wafae Zaoui … au-delà d’une profession se trouve la passion

Wafae Zaoui … au-delà d’une profession se trouve la passion

samedi, 7 mars, 2020 à 13:26

Par: Anouar AFAJDAR

Rabat – Tout au milieu des ruelles de l’ancienne Médina de la Capitale Rabat, où les visiteurs peuvent contempler la splendeur d’une architecture mêlant histoire et modernité, se situe une petite “Boîte à Merveilles”. À l’entrée, un tableau panneau sur pieds où est écrit “Bill Yadi” attire l’attention. A l’intérieur se cache un personnage aussi surprenant que talentueux. Une ingénieure en télécoms. Non… Une calligraphe !

Une fois dedans, les liens avec le monde extérieur se défont. Des objets éparpillés ici et là, des matières que l’on a rarement l’occasion de rencontrer et des œuvres d’art “pluridisciplinaires” … Et tout à coup, l’on commence, sans s’en rendre compte, à se poser un tas de questions face à cet “imagement” qui nous s’impose, pour instiller la puissance du silence de ces créations.

Et alors ! Qu’en est-il des réponses ? C’est à Wafae Zaoui de les apporter. Allure décontractée, mains ornées de bijoux artisanaux et force de confiance aussi bien dans le verbal que dans le non-verbal, elle possède une apparence artistique facilement constatable, au-delà même des objets d’art qui l’entourent.

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en télécoms, la jeune femme de 31 ans a décidé de quitter “son boulot de rêve” et toutes les assurances qui “en découlent” pour se consacrer entièrement à sa passion, la calligraphie. Elle, qui dit être séduite par cet art dès son très jeune âge.

“J’avais toujours le souci de faire tout à la perfection”, explique-t-elle dans un entretien à la MAP.

Les yeux tournés vers le passé, la native d’Oujda se souvient d’un exemple parmi tant d’autres. Ses cahiers de cours !

“Mes cahiers étaient toujours bien organisés et je prenais tout le temps qu’il faut pour joindre l’agréable à l’utile. Transcrire mes cours en y apportant une touche artistique”, raconte cette artiste de cœur, retrouvant le même sourire qu’elle avait alors qu’elle était encore élève.

“J’étais aussi éblouie à chaque rencontre avec une peinture murale et je me disais qu’il faut essayer de produire la même sensibilité. Pourquoi pas mieux !”, s’est réjouie cette passionnée de la beauté des lettres.

Et c’est ainsi que le regard de l’artiste et la culture de la sensibilité commencent à imposer leur loi, sous “les applaudissements” des parents.

Passant son enfance à la ville de Berkane au sein d’une famille de trois sœurs et des parents professeurs, Wafae Zaoui s’est orientée vers les sciences mathématiques, en passant par des classes préparatoires, avant d’intégrer “logiquement” une école d’ingénieur. Un parcours très réussi. Cependant, il manque de quelque chose !

Effectivement, quand on est touché par la maladie du romantisme, on n’oublie jamais de souligner la nécessité d’avoir un monde parallèle, un langage d’expressivité pour exorciser, dans le sens artistique du terme, les idées qui ne cessent de nous hanter.

Et quand la volonté existe, Wafae Zaoui trouve toujours les moyens pour apprendre et pour repousser les propos de certaines personnes, censées, elles aussi, apprendre à se débarrasser d’une “masculinité toxique”.

On m’a toujours dit que le domaine de la calligraphie et de l’artisanat est celui des hommes, regrette-t-elle, faisant savoir qu’elle n’a pas cédé face à ces idées patriarcales et qu’elle est partie droit au but à la recherche de nouvelles idées et de l’argent aussi !

Dans ce sens, la calligraphe affirme qu’au moment où tu décides de faire de la passion un business, “un gagne-pain”, c’est justement là qu’il faut continuellement développer la “chose” pour répondre à la demande de sa clientèle et se positionner avec des produits de haute qualité.

“C’est un challenge, c’est une décision qui est pleine de risque, j’en étais consciente, toutefois je me suis dit, c’est le moment ou jamais, lance toi !”, dit elle d’un air confiant.

Wafae Zaoui a fini ce beau périple artistique par un vers de Mahmoud Darwich: “j’ai un espoir qui vient et s’en va mais que je ne lâcherai jamais (ndlr)”.

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