Mawazine 2019 : Delgres libère le blues caribéen et fait voyager son public de la Guadeloupe à la Louisiane

Mawazine 2019 : Delgres libère le blues caribéen et fait voyager son public de la Guadeloupe à la Louisiane

mercredi, 26 juin, 2019 à 9:23

— Par Laïla El Alami —

Rabat – Le trio français Delgres a libéré le blues caribéen, mardi soir sur la scène du Bouregreg, chantant l’histoire, la mémoire et le voyage, et ce dans le cadre de la 18ème édition du Festival de Mawazine Rythmes du Monde (21-29 juin).

C’est dans un décor minimaliste et épuré que Delgres, mené par Pascal Danaë, originaire de Guadeloupe, s’installe sur scène. Face à lui, un public qui ignore encore qu’il est sur le point de s’embarquer dans l’Odyssée tumultueux de ce trio atypique, en quête perpétuelle d’un blues créole profond et intimiste.

Vient alors “Can’t let you go” qui introduit, crescendo, le ton de la soirée. Au terme de cette première chanson, Pascal Danaë crie haut et fort “la mémoire, c’est un grand tambour qui bat, qui bat, qui bat dans tes veines, mais aussi dans ton cœur”. Il n’en faudra, d’ailleurs, pas plus pour gagner l’énergie de la foule.

Le groupe, dont le nom s’inspire de Louis Delgrès, poursuit, entre autres, avec le titre “Mo Jodi” (mourir aujourd’hui), poignant hommage à l’héroïsme et au sacrifice de cette figure notoire de la lutte contre l’esclavage dans les Antilles françaises.

Le trio de blues caribéen, chanté essentiellement en créole, de par leur allure décontractée et leur charisme hors du commun, enchaîne les sons devant une audience insatiable qui tente inlassablement de soutenir le rythme des vibrations mécaniques amplifiées par la guitare Dobro, que Pascal Danaë manipule avec aisance et agilité.

A travers “Ramene Mwen”, c’est tout en douceur que la formation, à l’aise et décontractée dans ses costumes cool et casual, exorcise la colère et la frustration qui peuvent résulter du rejet, tandis que “Pardone Mwen”, est un mea culpa timide et réservé, adressé à la grande sœur du chanteur.

Avec “Sere mwen pli fo”, les festivaliers ont senti le vide sous leurs pieds. Cette ballade émouvante, où les mots se frôlent et les instruments se suffisent à eux-mêmes, a calmé les ardeurs des festivaliers le temps d’un instant, les plongeant dans une mélancolie éphémère, qui a très vite laissé place à un air de révolte avec des titres comme “Anko”, ou encore “Respecte Nou”.

Par moments, l’on se serait cru au cœur d’une fanfare ou d’un carnaval de rue, grâce à la batterie de Baptise Brondy et au sousaphone de Rafgee, dont les sons, qui libèrent les sens, incitent au voyage et au rêve éveillé.

Lorsque l’excellent Baptise Brondy abandonne sa batterie pour rejoindre Rafgee et Danaë au devant de la scène, c’est pour les accompagner à l’ukelele sur “Vivre sur la route”, hymne à l’amour et à la famille.

Brandissant le drapeau marocain, le trio qui se produit pour la première fois au Royaume, s’est incliné dans un geste de gratitude face à ses spectateurs, les remerciant de leur présence et réinterprétant, une deuxième et dernière fois, “Mo Jodi”.

Ponctué de moments forts, ce concert aura été essentiellement marqué par les solos de Baptiste Brondy à la batterie et de Rafgee qui, le temps d’un instant, a troqué son sousaphone pour une trompette, sous les applaudissements et les sifflements de la foule, impressionnée par la dextérité des deux musiciens.

Car c’est bien dans générosité et cette modestie que réside la magie de ce groupe, né il y a quatre ans de la rencontre de Pascal Danaë avec Baptiste Brondy, ancien batteur de Jean-Louis Aubert, et le joueur de sousaphone Rafgee.

Depuis, Delgres n’a jamais cessé d’explorer les sources du blues, allant jusqu’à le révolutionner et se positionnant comme l’une des nouvelles références du genre, valant à la formation française, une nomination aux Victoires de la Musique 2019 dans la catégorie Musiques du Monde.

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