Au Maroc, un ferme engagement pour faire de l’art rupestre un levier de développement

Au Maroc, un ferme engagement pour faire de l’art rupestre un levier de développement

lundi, 22 mai, 2017 à 11:55

Par Hassan Hermas

Agadir – Le Maroc regorge de sites archéologiques, et d’arts rupestres répartis sur l’ensemble de son territoire. Ils sont le vestige de la présence humaine depuis les temps immémoriaux et d’une importante richesse culturelle et civilisationnelle.

Bien que les travaux de recherche sur le patrimoine rupestre remontent aux années 30, nombre de sites ont néanmoins souffert, pour longtemps, de la destruction et du pillage avant de voir un réel éveil et une ferme volonté de redonner à cette richesse toute la valeur et l’importance qu’elle mérite.

Les premières recherches ont été réalisées dans la vallée du Draa en 1934 pour se poursuivre grâce au travail de nombre de spécialistes nationaux et étrangers, dont le professeur français André Simoneau, suivis par d’autres chercheurs et universitaires marocains.

Selon les spécialistes, les sites rupestres au Maroc peuvent être classés suivant trois grandes concentrations : les plateaux du Haut-Atlas, le long de la vallée du Drâa et les rives des rivières desséchées des provinces sahariennes.

En dépit de l’importance de cet héritage historique, scientifique et patrimonial, l’art rupestre n’est pas connu à sa juste valeur du grand public. Pire encore, regrettent des experts et chercheurs, réunis récemment lors d’un colloque à Agadir, un certain nombre de sites ont été vandalisés et dégradés par des personnes sans scrupule.

Face à cette situation, d’importants efforts ont été déployés au niveau national et régional pour hâter la conservation et la mise en valeur de cet important jalon du patrimoine du Maroc en vue de sa transmission aux générations futures.

Cet élan reste néanmoins insuffisant, de l’avis de nombre de chercheurs, pour espérer accompagner le travail constant de découverte qui s’opère.

A la première “Rencontre nationale sur l’art rupestre au Maroc” qui a eu lieu dans la capitale du Souss, de nouvelles découvertes de sites à peintures rupestres ont été annoncées, dont celui d’Oum Laâchar à Zagora, révélé en avril 2016.

Selon Mohamed Adil du Centre des études et recherches sur l’Espace marocain, ce site est composé de 5 abris situés au sud de Jbal Bani dans le sud-ouest de Zagora et reflètent plusieurs thèmes : zoomorphes, anthropomorphes armés, des chevaux, des oiseaux et des formes géométriques.

L’an passé également, un abri à peintures rupestres inédites a été découvert dans la région de Tainant dans le Haut Atlas oriental. Ces peintures représentent des figurations humaines, des zoomorphes et des plages de pointillées. Les couleurs utilisées sont le rouge ocre, le rouge vif, le jaune, le blanc et le violet.

“Cette découverte va certainement enrichir l’inventaire national des sites à peintures rupestres”, explique les chercheurs Abdelhadi Fak et Benoît Hoarau.

       Entre 2013 et 2017, quatre missions conjointes franco-marocaines ont eu lieu au site Azrou Klane (la pierre tatouée) dans la région de Assa-Zag.

Selon les spécialistes de diverses disciplines, membres de ces missions, Azrou Klane est un site remarquable par “sa présence dans le fond du lit d’un oued à sec d’une dalle de grès brun sub-horizontale de 140 m de long sur 20 m de large, couverte de centaines de gravures, dont les plus anciens s’apparentent au style dit bovidien, puis ibyco-berbère, avec une pratique continue jusqu’à nos jours”.

La succession de ces découvertes qui ont dépassé aujourd’hui quelque 450 sites inventoriés à travers le Maroc, s’est accompagnée d’un élan pour la préservation de ce patrimoine national de grande valeur.

Dans ce sens, une multitude d’actions ont été engagées par le ministère de la culture afin de faire de cette richesse un levier de développement durable en partenariat avec les différents intervenants, dont les autorités locales, les conseils élus et la communauté des chercheurs.

A l’occasion du colloque d’Agadir, le directeur du patrimoine culturel au ministère de la culture de la communication, Abdellah Alaoui a passé en revue les dispositions et mesures prises pour préserver et mettre en valeur ce patrimoine, dont la création d’un centre national du patrimoine rupestre en 1994 et la création d’une douzaine d’espaces de conservation.

Cette dynamique se reflète aussi dans le travail d’information et de sensibilisation que mènent plusieurs autres instances au niveau régional, dont la région Souss-Massa avec notamment la tenue au début de l’année en cours d’une rencontre à Tata sur l’importance de ce patrimoine national.

Pour Mohamed Amouss, directeur du centre national d’art rupestre, les recommandations de cette rencontre ont servi de feuille de route pour conserver les gravures découvertes dans cette province et en faire un outil pour le développement local.

Il a indiqué qu’un nombre de ces recommandations sont en cours de mise en œuvre dont la réalisation d’un inventaire et une carte de ces sites, ainsi que les études topographiques pour délimiter ce patrimoine archéologique en vue de l’inscrire dans le registre du patrimoine rupestre national, l’annonce d’un décret par l’autorité locale pour la préservation de ces vestiges contre toutes les formes de pillage et de dégradation outre la création d’un centre régional pour la conservation de cette richesse culturelle.

Selon les experts, les rencontres scientifiques représentent aussi des forums pour la sensibilisation et l’implication des différents acteurs au niveau national et régional ainsi que la société civile, dans le travail de protection et de valorisation de ce patrimoine dans l’optique d’en faire un pilier du développement économique, social et culturel.

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