• Accueil
Les médias africains appelés à accompagner l’évolution de leurs sociétés

Les médias africains appelés à accompagner l’évolution de leurs sociétés

jeudi, 23 mars, 2017 à 11:41

Casablanca  – Les médias africains sont constamment appelés à s’adapter à la nouvelle donne technologique, accompagner l’évolution de leurs sociétés et expliquer les tenants et aboutissants de leurs processus de développement, ont affirmé, mercredi à Casablanca, des professionnels des médias et diplomates africains lors d’une Conférence-débat sur “Quel rôle pour les médias dans l’émergence africaine ?”.

Lors de cette rencontre, initiée par la Fédération Atlantique des Agences de presse africaines (FAAPA) et la Confrérie des compagnons de gutenberg – Maroc, les conférenciers ont souligné avec force que face à l’évolution technologique et numérique, les médias africains se doivent d’adopter une approche novatrice à même de mieux appréhender les nouvelles réalités marquées par la déferlante des nouvelles technologies de l’information et de la communication et la libération de la parole.

Intervenant à cette occasion, Sy Savane Ibrahim, ancien ministre ivoirien de la Communication et président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) de la Côte d’Ivoire, a indiqué que les médias constituent un outil indispensable pour l’accompagnement de l’émergence africaine et la mobilisation des énergies, mettant l’accent sur la nécessité de créer des conditions économiques et fiscales adéquates afin que les médias puissent jouer leur rôle dans cette émergence.

“Les médias africains doivent être attentifs aux mutations technologiques qui s’opèrent et qui peuvent leurs offrir de nouvelles opportunités tout en adaptant, de façon constante, leurs approches éditoriales aux attentes actuelles et évolutives des citoyens africains qui sont d’ailleurs très sollicités par de nombreux médias alternatifs”, a-t-il insisté.

Si ces conditions, qui ne sont pas hors de portée, se réalisent, les médias pourront mieux jouer leur rôle de faire de la pédagogie de l’émergence un processus et non un surgissement, a expliqué M. Ibrahim, par ailleurs président du Réseau francophone des régulateurs médias (REFRAM). Il estime également que “les médias africains doivent mieux s’informer pour mieux informer les populations” et focaliser leur attention sur les enjeux majeurs et les préoccupations des Africains, afin de contribuer efficacement au développement socio-économique inclusif du continent.

Evoquant les regards des médias internationaux sur le continent, M. Ibrahim a fait valoir que les médias des pays africains ne doivent pas seulement se contenter de rapporter des informations véhiculées par les agences internationales, mais aussi et surtout “d’évaluer en permanence les informations données  sur le continent tout en forgeant nos propres opinions et idées qui ne peuvent se faire uniquement à partir de celles des autres, parfois erratiques et soumises à des variations saisonnières”.

De son côté, Abdelmounaim Dilami, président du Groupe multimédia Eco-médias – Maroc, a fait valoir que l’indépendance des médias représente un principe vital pour les auditeurs, les téléspectateurs et les lecteurs. “L’indépendance des médias est capitale pour l’émergence de l’Afrique, vu que le travail journalistique occupe une place de taille dans la vie de la nation en tant que capital immatériel”, a fait observer M. Dilami, déplorant le fait que les médias africains ne sont pas encore considérés par les pouvoirs publics comme des partenaires et des acteurs à part entière, mais plutôt comme “des préposés à la communication”.

Qualifiant les médias d’outils de progrès des démocraties et des droits de l’Homme, M. Dilami a également mis en avant leur rôle en tant que vecteurs de premier plan pour informer, analyser, critiquer et avertir les citoyens.

Pour sa part, Fodé Sylla, ambassadeur itinérant du Sénégal et ancien député européen, a rappelé que l’Afrique vit un essor économique sans précédent, raison pour laquelle les médias africains sont appelés aujourd’hui à accompagner l’évolution technologique constante ainsi que les préoccupations des citoyens.

“La jeunesse africaine se tourne aujourd’hui vers les sites et les journaux électroniques, vu que ces derniers accordent davantage d’attention aux questions des jeunes, par rapport aux médias classiques”, a fait observer M. Sylla, appelant dans ce sens les médias africains à placer la jeunesse au cœur de leurs préoccupations.

Cette conférence-débat , marquée par la présence de grandes figures du monde médiatique, politique et culturel, a été ponctuée par un échange très riche et fécond entre les orateurs et l’assistance autour de plusieurs questions d’actualité, notamment les défis de la presse écrite et des médias en général à l’ère du numérique, les moyens devant permettre de consolider l’émergence africaine et les enjeux et conséquences de la concurrence rude et déloyale de la part des médias étrangers.

Le débat a ainsi permis l’émergence de plusieurs propositions et recommandations, dont particulièrement le regroupement des médias africains pour la création de structures fortes qui peuvent ainsi rivaliser avec les médias occidentaux et mieux défendre les choix de l’Afrique. Il s’agit aussi de mettre en place un Congrès dédié aux médias africains, en vue de renforcer le partage et l’échange entre les pays du continent et accompagner l’évolution des sociétés. Un tel Congrès pourrait tenir ses réunions parallèlement aux Sommet de l’Union africaine.

La Fédération Atlantique des Agences de Presse Africaines constitue une plateforme professionnelle pour promouvoir l’échange d’expériences, des informations et produits multimédia ainsi que l’échange d’idées et de réflexion sur l’avenir des agences de presse et sur le rôle qu’elles doivent jouer au 21ème siècle dans leurs diversités et leurs spécificités respectives, en tenant compte des profondes mutations qui caractérisent le paysage médiatique dans le contexte de la mondialisation et à l’ère du multimédia. La Fédération s’est fixée pour objectifs d’asseoir un partenariat stratégique et de développer des relations professionnelles entre les agences de presse, outre la contribution à consolider la libre circulation de l’information ainsi que le renforcement de la coopération et de la coordination au niveau des forums régionaux et internationaux.

La Confrérie des compagnons de Gutenberg a été créée en 1979 en France avant de s’élargir par des jumelages à travers le monde. La Confrérie des compagnons de gutenberg – Maroc s’assigne pour objectifs de promouvoir l’écriture, l’édition et la culture en général, d’hisser les liens de confraternité au plus haut niveau de l’amitié entre les membres et de cultiver les liens de partage et de soutien.

Lire aussi

Niamey : L’OCI réaffirme son attachement à l’accord de Skhirat comme base à toute solution définitive en Libye

samedi, 28 novembre, 2020 à 23:21

Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) a réaffirmé, samedi à Niamey, son attachement à l’Accord politique de Skhirat comme base à toute solution définitive et durable à la crise libyenne.

Des experts et responsables de centres de recherche africains apportent leur soutien à l’intervention du Maroc à El Guerguarat

samedi, 28 novembre, 2020 à 21:30

Des experts, chercheurs et responsables de centres de recherche stratégique africains ont exprimé leur soutien à l’intervention du Maroc dans la zone tampon d’El Guerguarat pour rétablir l’ordre et réaffirmer son intégrité territoriale, dans le respect de la légalité internationale, condamnant le blocus économique exercé par les milices du polisario contre l’ensemble des peuples africains.

Foot/amical : l’équipe nationale U20 s’incline 1-2 face au Togo

samedi, 28 novembre, 2020 à 21:28

L’équipe nationale U20 s’est inclinée face à son homologue togolaise sur le score de 2 buts à 1, samedi en match amical disputé au Complexe Mohammed VI de football à Maâmora (banlieue de Salé).