Maria Moukrim, la journaliste déterminée à faire entendre la voix du citoyen

Maria Moukrim, la journaliste déterminée à faire entendre la voix du citoyen

samedi, 5 mars, 2016 à 11:29

-Par: Bouchra Azour-

Rabat – A travers une voix porteuse des séquelles de la “profession de tous les ennuis”, l’on peut aisément conclure à la richesse d’un parcours distingué, celui de Maria Moukrim, une journaliste qui a toujours fait sienne la défense des intérêts du citoyen.
Tout au long d’un parcours non sans peine, Maria, l’air jeune et l’enthousiasme intarissable, a su conserver une étincelle flamboyante sur la voie de la consécration du travail journalistique en tant que moyen d’expression des préoccupations du citoyen, au service de l’intérêt public.
Pour Maria Moukrim, directrice du site d’information arabophone “Febrayer.com”, le journaliste est plutôt une question d’instinct. Avant même d’accéder au métier, elle s’amusait à tenir un journal et réaliser des écrits qu’elle partageait avec ses proches.
Aussitôt Maria commence à évoquer ses souvenirs d’enfance, notamment ceux de ses dix ans, en se remémorant des dîners familiaux qui en faisait l’occasion d’exprimer fièrement et solennellement ses idées et lire pour les membres de sa petite famille ce qu’elle a écrit.
“Je partageais mes écrits avec eux tellement régulièrement que, lorsque j’omettais cet acte, ils se précipitaient vers moi pour s’informer de la raison derrière cet évènement extraordinaire”, confie-t-elle à la MAP, à l’occasion de la journée mondiale de la femme.
“Cette expérience fut ma première école. Ce rite, qui m’a permis de parfaire mes capacités d’expression, allait marquer à jamais ma mémoire et me propulser par la suite dans un domaine où l’écriture est le principal mot d’ordre”, ajoute-elle.
La passion de l’écriture lui vient dès son enfance, avant que le journalisme ne devienne son monde, un monde qui ouvre des horizons vastes, à la mesure de ses ambitions.
C’est dire que le journalisme, avec ce qu’il implique en termes d’engagement, de sacrifices et d’efforts, n’est jamais venu à bout de cette journaliste inlassable.
“Se tenir toujours fin prêt à couvrir pour tout événement, me donne l’impression d’être sapeur-pompier ou policier, ces hommes constamment mobilisés au service du citoyen”, explique Maria Moukrim avec une frénésie digne d’une journaliste en pleine couverture médiatique.
Avant de se pencher sur le journalisme d’investigation, discipline reine du métier, Maria Moukrim a expérimenté tous les genres de l’article jusqu’à ce qu’elle commence à se demander “quoi et pourquoi”. C’est là qu’elle allait s’enliser dans ce qui est plus profond que l’accompagnement quotidien de l’actualité et son traitement.
“J’adore le labyrinthe dans lequel je me trouve à chaque fois que je pose des questions à suspense qui donnent sur d’autres questions passionnantes”, dit-elle, disant se faire un grand plaisir dans ces investigations journalistiques, certes pénibles, mais qui éclairent l’opinion publique.
“Il n’est guère aisé de réaliser une investigation journalistique, ne serait-ce que fusionner pour réussir ce travail pendant des mois voire toute une année”.
Néanmoins, cet exercice, aussi fastidieux qu’il soit, se sanctionne par un produit médiatique qui est à la hauteur de ses aspirations, tempère-t-elle.
Tout au long de sa carrière, qui lui a valu le Prix national de la presse pour sa meilleure enquête réalisée durant son parcours à l’hebdomadaire “Al Ayyam”, Maria porte toujours la casquette de la journaliste ambitieuse qui porte le fardeau du développement du métier et le renforcement de la présence féminine dans le domaine.
Après avoir pris les commandes de “Febrayer.com”, Maria a fait montre de plus de dévouement au service de la réussite de l’entreprise médiatique.
Pour sa propre entreprise, qui a atteint “sa maturité mais qu’il lui reste beaucoup de chemin à parcourir”, Maria ne se lasse de rappeler qu’elle resterait journaliste avant tout.
“J’assume actuellement une responsabilité plus grande. Celle de garantir la continuité d’une entreprise employant plusieurs personnes”, a-t-il dit, faisant part de son souhait de voir le journalisme d’investigation faire objet de “la colonne vertébrale” du site.
Mais pour ce faire, a-t-elle poursuivi, il est nécessaire d’être bien outillé et d’être muni de moyens importants afin de réaliser des reportages purement professionnels.
Lorsqu’elle parle de la situation de la femme dans la scène médiatique marocaine, Maria met en avant des figures ayant particulièrement marqué le secteur audiovisuel.
Mais, aux yeux de Maria, il y a du pain sur la planche. La femme journaliste s’auto-assume la responsabilité de sa promotion dans son travail.
En évoquant le 8 mars, elle exprime un sentiment ambivalent. “Oui pour le 8 mars et non pour le 8 mars”, cette contradiction émane de sa conviction que la célébration de cette journée internationale est une occasion idoine de rendre hommage à la femme, et de compenser, en même temps, la négligence à son égard.
Elle regrette toutefois que cette occasion soit rétrécie à une période si courte et assujettie à des rites consacrant une image routinière qu’elle œuvre sans cesse à changer.

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